Brocart YunJin de NanJing 南京雲錦


« YunJin de Nanjing » (南京雲錦) fait référence aux magnifiques brocarts fabriqués dans la ville du même nom, capitale de la province orientale du « JiangSu » (江蘇省). Parmi tous les tissus anciens, le tissu de soie connu sous le nom de « jin » (錦) représente les meilleurs arts et métiers de l’industrie. En outre, le brocart de NanJing a absorbé tous les meilleurs savoir-faire en tissage de tissus de soie et les savoir-faire des dynasties passées et se classe premier en qualité parmi le « brocart de ChengDu » (成都錦) dans la « province du SiChuan » (四川省), le brocart de « SuZhou » (蘇州錦) dans la province de JiangSu et le « brocart Zhuang » (壯錦) dans la province du sud-ouest du « GuangXi » (廣西省). Grâce à sa riche signification culturelle et scientifique, le brocart de NanJing est considéré par les experts comme « la dernière étape de l’histoire technologique des tissus de soie chinois ».

L’histoire de YunJin de NanJing remonte à la période des « trois royaumes » (三國/220-280). Au cours d’une guerre qui éclata à la fin de la « dynastie des Jin orientaux » (東晉/317-420), le Général « Liu Yu » (劉裕) mit en déroute le « royaume de Qin » (秦國), plus tard basé à « Xi’An » (西安/384-417). La victoire ramena tous les artisans de Xi’an à « JianKang » (建康), l’actuelle ville de NanJing, parmi laquelle les tisserands de brocart constituaient une force dominante. Ces derniers étaient des artisans de premier plan dans tout le pays et avaient acquis de nombreuses compétences auprès de groupes ethniques minoritaires. Le gouvernement en place y créa un bureau spécial pour le brocart afin de gérer la production de cette étoffe.

Plus tard pendant la « dynastie des Yuan » (元朝/1279-1368), les « Mongols » (蒙古族) conquirent la Chine centrale et les souverains définirent ensuite une tradition consistant à décorer la robe d’officier avec de l’or et de l’argent. Avec l’épanouissement et l’exploitation des mines d’or, les tisserands ajoutèrent du vrai fil d’or au brocart de NanJing. l’étoffe étincelante séduit immédiatement les rois féodaux et les aristocrates et fut populaire parmi les minorités ethniques telles que les Mongols, les « tibétains » (藏族) et les « Ouïgours » (維吾爾族). Sous les dynasties Yuan, « Ming » (明朝/1368-1644) et « Qing » (清朝/1644-1911), les dirigeants créèrent des bureaux officiels des tissus à NanJing pour l’administration, le monopole de la production et la commercialisation du brocart. Ils les répertorièrent comme l’un des hommages particuliers rendus aux empereurs.

« Robe Dragon » (蟒袍) confectionnée en tissu « YunJin » (雲錦).

La technique de tissage de ces brocarts fut perfectionnée à plusieurs reprises malgré des coûts élevés, à la fois en termes de temps consommé et de matériaux utilisés. Au milieu de la dynastie Qing, l’essor de la production du brocart atteint son apogée. Dans les nombreux foyers commerçants de tissus situés le long de la « rivière QinHuai » (秦淮河) à NanJing, le tissage se faisait entendre jour après jour et nuit après nuit, et un résultat sans précédent dans la production naquit. Les archives indiquent que plus de 30 000 métiers à tisser étaient exploités dans la production de brocart et que 300 000 personnes en vivaient. Un pouce du brocart de NanJing aurait été aussi précieux qu’une once d’or. Ce qui est intéressant, c’est que le brocart délicat et doux est issu de métiers à tisser en bois d’une longueur pouvant atteindre 5,6 mètres de long, 4 mètres de haut et 1,4 mètre de large. Ceux-ci à avaient besoin de deux opérateurs, l’un en haut et l’autre en bas, dans la délicate séquence de production aussi compliquée qu’un langage de programmation informatique actuel. Le processus a montré l’incroyable talent des Chinois du passé. La personne assise au métier à tisser était connue sous le nom de « tire-fil ». Tout ce qu’il avait à faire était de tirer le fil en ligne dans la séquence de filetage, correspondant aux commandes entrées dans le clavier de l’ordinateur d’aujourd’hui. La personne assise sur la partie inférieure du métier à tisser s’appelait un « tisserand ».

Il élabora le motif et créa les matériaux en brocart à l’aide de fils dorés ou multicolores. La pièce tissée devant le tisserand ressemblait à un écran d’ordinateur. La technologie de tissage du brocart est extrêmement complexe, et aucune machine moderne n’a encore été en mesure de remplacer les anciens métiers à tisser. Il existe principalement quatre catégories de brocart : le tissage de l’or (dans lequel l’or est pressé dans une feuille puis coupé en morceaux ressemblant à un fil pour être torsadés et ensuite tissés sur des métiers à tisser). Les quatre catégories servent de matériaux pour les robes des empereurs, les robes de reines et les châles, les vêtements de concubine, les décorations pour les cours impériales et les articles d’usage quotidien, y compris les coussins, les matelas, les oreillers et les couettes. Le brocart de NanJing constitua de précieux cadeaux aux empereurs à que ces derniers donnèrent aux rois et aux ministres étrangers.

Le gouvernement chinois a dépensé environ 10 millions de « RenMinBi » (人民币) pour la protection et la conservation de NanJing de YunJin. Le « Nanjing Brocade Research Institute » a entrepris une étude approfondie et une rectification des archives historiques et a réussi à copier l’une des soieries les plus remarquables de la tombe de « Ma WangDui » (馬王堆). Ce manteau en soie à manches longues de 1,28 mètre est aussi léger que la brume et ne pesant que 49 grammes. L’institut a également publié 200 volumes sur les objets en brocart et la monographie la plus complète sur l’histoire du développement de l’art. Il s’appelle la chronique de brocart.

Publié dans Culture chinoise | Tagué , , , , , , , | Laisser un commentaire

Tengu 天狗


Les « Tengu » (天狗) sont un type de créatures légendaires de la religion populaire japonaise, et ils sont aussi considérés comme des « kami » (神/divinités du folklore « Shinto » [神道]) ou comme des « yōkai » (妖怪). Bien que leur nom contienne le mot « chien » (狗) comme le démon chinois « TianGou » (天狗), les Tengu, à l’origine, prenaient la forme de rapaces, et ils sont traditionnellement représentés avec des caractéristiques à la fois humaines et aviaires. Les plus anciens Tengu sont dépeints avec des becs, mais ce trait a souvent été humanisé en un nez anormalement long, qui est actuellement est largement considéré comme la caractéristique définissant le Tengu dans l’imaginaire populaire. Le « bouddhisme » (仏教) a considéré pendant longtemps que les Tengu étaient des démons perturbateurs et des annonciateurs de guerres. Leur image s’est graduellement adoucie, cependant, même s’ils sont considérés comme des protecteurs, ils sont encore de dangereux kami des montagnes et des forêts. Les Tengu sont associés à la pratique ascétique connue sous le nom de « shugendō » (修験道), et ils sont habituellement représentés dans le costume distinctif de ses disciples, les « yamabushi » (山伏).

d568e8ef699cf67c8468c7eac55ef658

« Karasu Tengu » (烏天狗).

Dans l’art, les Tengu apparaissent sous un grand nombre de formes, mais elles se situent habituellement quelque part entre un grand oiseau monstrueux et un être entièrement anthropomorphe, souvent avec un visage rouge ou un nez anormalement long. Les plus anciennes représentations de Tengu les montrent semblable à des milans qui peuvent prendre forme humaine souvent avec des ailes, une tête d’oiseau ou un bec. Les longs nez des Tengu semblent avoir été conçus au XIVe siècle, comme une humanisation de l’originel bec d’oiseau. Les longs nez des Tengu les relient avec la divinité shinto « Saruta-hiko » (猿田彦), qui est décrit dans le texte historique japonais, le « Nihon Shoki » (日本書紀), avec une protubérance similaire mesurant sept paumes de longueur. Lors des fêtes de village, les deux figures sont souvent portraiturées par le même masque rouge au nez phallique. Certaines des plus anciennes représentations de Tengu apparaissent dans des rouleaux illustrés, tel le « Tenguzōshi Emaki » (天狗草子絵巻), peint vers 1296, qui parodie les prêtres de haut rang en les dotant de becs de faucon des démons Tengu. Les Tengu sont souvent représentés comme prenant la forme de prêtre. Au début du xiiie siècle, les tengu ont commencé à être associés en particulier aux yamabushi, les ascètes des montagnes qui pratiquaient le shugendo. L’association fit son chemin dans l’art japonais, où les Tengu sont le plus fréquemment représentés dans le costume distinctif des yamabushi, qui inclut un petit chapeau noir (頭襟/ »tokin ») et un « yuigesa » (結袈裟). Dû à leur esthétique de prêtres, ils sont souvent montrés portant le « Khakkhara » (錫杖), un bâton utilisé par les moines bouddhistes. Les Tengu sont ordinairement représentés tenant un « ha-uchiwa » (羽団扇/ »éventail de plumes ») magique. Dans les récits populaires, ces éventails ont quelquefois la capacité de faire grandir ou rétrécir le nez d’une personne, mais habituellement on leur attribue le pouvoir de provoquer de forts vents. Divers autres accessoires étranges peuvent être associés aux Tengu, telle des « Geta » (下駄), hautes et dentelées, appelées « tengu-geta » (天狗下駄).

1_cN0mzbfCv4utuHpKH2zntQ

« Hanatakatengu » (鼻高天狗/ »Tengu au long nez »).

Le terme de Tengu et les caractères utilisés pour l’écrire proviennent d’une sorte de démon féroce du folklore chinois appelé « TianGou » (天狗). La littérature chinoise assigne à cette créature une variété de descriptions, mais le plus souvent c’est un monstre canin féroce et anthropophage qui ressemble à une étoile filante ou une comète. Il fait un bruit de tonnerre et apporte la guerre là où il tombe. Un texte du « SShuYi Ji » (述異記), écrit en 1791, décrit un chien semblable au TianGou avec un bec aiguisé et une posture droite, mais habituellement celui-ci a peu de ressemblances avec ses homologues japonais. Le chapitre 23 du Nihon Shoki, écrit en 720, est généralement considéré comme la première mention écrite du Tengu au Japon. Dans cet écrit, une grande étoile filante apparaît et est identifiée par un prêtre bouddhiste comme un « chien céleste », et comme pour le TianGou de Chine, l’étoile précède un soulèvement militaire. Cependant, des caractères chinois pour le Tengu sont utilisés dans le texte, accompagnés des caractères phonétiques, les « furigana » (振り仮名), qui donnent une lecture comme « amatsukitsune » (アマツキツネ/ »renard céleste »). M. W. de Visser a émis la supposition que les anciens Tengu japonais pouvaient représenter un amalgame de deux esprits chinois : le TianGou et l’esprit-renard nommé « HuLiJing » (狐狸精). Comme la transformation du Tengu d’un chien-météore à un homme-oiseau n’était pas claire, certains érudits japonais ont soutenu la théorie que l’image du Tengu dérive de la divinité aigle hindou, « Garuda » (गरुड/ガルダ/迦樓羅), qui a été présenté, à de nombreuses reprises dans les écrits bouddhistes, comme faisant partie d’une des races majeures d’être non-humains. Comme le Tengu, le Garuda est souvent portraituré comme une forme de vie humaine avec des ailes et un bec d’oiseau.

Moine harcelé par des Tengu.

Le nom Tengu semble avoir été écrit à la place de celui de Garuda dans les « Sutras » (経) japonais appelés « Emmyō Jizō-kyō » (延命地蔵経), mais cela a été écrit à la « période Edo » (江戸時代), longtemps après que l’image du Tengu se soit établie. Au moins une ancienne histoire dans le « Konjaku monogatari shū » (今昔物語集) décrit un Tengu emportant un dragon, ce qui rappelle la querelle des Garuda avec les serpents « Nāga » (नाग/ナーガ/那伽) des mythes hindous. Cependant, le comportement originel du Tengu diffère remarquablement de celui du Garuda, qui est généralement amical envers le bouddhisme. De Visser a présumé que les Tengu pourraient descendre d’un ancien démon-oiseau qui a été fusionné à la fois en Garuda et en TianGou quand le bouddhisme est arrivé au Japon. Cependant, il trouva peu de preuves pour étayer cette opinion. Dans la dernière version du « Kujiki » (旧事纪), un ancien texte historique japonais, est écrit le nom de « Amanozako » (天逆毎), une divinité femelle monstrueuse née de la férocité crachée par le dieu « Susanoo » (素戔嗚命), avec les caractères signifiant « Divinité-Tengu » (天狗神). Le livre décrit Amanozako comme une créature rageuse capable de voler, avec le corps d’un humain, la tête d’une bête, un long nez, de longues oreilles et de longues dents qui peuvent broyer des épées. Un livre du XVIIIe siècle appelé « Tengu Meigikō » (天狗名義考) suggère que cette déesse pourrait être le véritable prédécesseur du Tengu, mais les dates et l’authenticité du Kujiki, et de cette édition en particulier, prêtent à caution.

Masque de Konoha Tengu

« Masque de Hanatakatengu » (鼻高天狗面).

Le « Konjaku monogatari shū » (今昔物語集), un recueil d’histoires publiées à la fin de la « période Heian » (平安時代), contient certains des plus anciens récits de Tengu, déjà caractérisés comme ils le seraient pour les siècles à venir. Ces Tengu sont des adversaires gênants pour le bouddhisme; ils trompent les gens pieux à l’aide de fausses images de Bouddha, enlevant les moines et les déposant dans des lieux éloignés, possédant des femmes afin d’essayer de séduire de saints hommes, volant dans les temples et procurant à ceux qui les vénèrent un pouvoir impie. Ils se déguisent souvent eux-mêmes en prêtres ou en nonnes, mais leur vraie forme semble être celle d’un milan. À travers les XIIe et XIIIe siècles, des récits continuent de parler de Tengu essayant de causer des problèmes dans le monde. Ils sont alors considérés comme des fantômes de prêtres en colère, hérétiques ou morts sans raison, qui étaient tombés dans le « royaume Tengu » (天狗道). Ils commencèrent à posséder les gens, spécialement les femmes et les filles, et s’exprimèrent par leur bouche. Encore ennemis du bouddhisme, les démons tournèrent alors leur attention vers la famille royale. Le « Kojidan » (古事談) fait le récit d’une impératrice qui fut possédée, et le « Ōkagami monogatari » (大鏡) rapporte que « l’empereur Sanjō » (三条天皇) fut rendu aveugle par un Tengu, le fantôme d’un prêtre qui voulait se venger de lui. Un des Tengu renommés du XIIe siècle était lui-même le fantôme d’un empereur. Le « Hōgen monogatari » (保元物語) raconte l’histoire de « l’empereur Sutoku » (崇徳天皇), qui fut forcé par son père d’abandonner le trône. Il se lança dans la rébellion Hōgen pour reprendre le pays à « l’empereur Go-Shirakawa » (白河天皇), mais il fut défait et s’exila dans la « province de Sanuki » (讃岐国), dans le « Shikoku » (四国). Selon la légende, il mourut dans de grands tourments en jurant de hanter le Japon comme un grand démon et devint alors un effrayant Tengu avec de longues griffes et des yeux semblables à ceux d’un milan. Dans des histoires du XIIIe siècle, les Tengu commencèrent par enlever des jeunes garçons aussi bien que des prêtres, qui étaient leurs proies favorites. Les garçons étaient souvent rendus, alors que les prêtres étaient découverts entravés au sommet d’un arbre ou d’autres lieux en hauteur. Toutes les victimes de Tengu, cependant, revenaient dans un état proche de la mort ou de la folie, quelquefois après avoir été poussés à manger des excréments d’animaux. Les Tengu de cette période sont souvent conçus comme des fantômes de personnes arrogantes qui deviennent des créatures fortement associées à la vanité et à la fierté. De nos jours, l’expression japonaise « tengu ni naru » (てんぐになる), littéralement, « devenir un tengu », est encore utilisée pour décrire une personne vaniteuse.

Sojobo, roi des Tengu

« Sojobo » (僧正坊), roi des Tengu.

Dans le « Genpei Jōsuiki » (源平盛衰記), écrit à la fin de la « période Kamakura » (鎌倉時代), un dieu apparaît à Go-Shirakawa et donne un récit détaillé sur les fantômes Tengu. Il dit qu’ils sont devenus des Tengu parce que, en tant que bouddhistes, ils ne peuvent pas aller en enfer, et étant donné leurs mauvaises actions de leur vivant, ils ne peuvent pas accéder au « nirvana » (涅槃). Il décrit l’apparence des différents types de Tengu : les fantômes de prêtres, de nonnes, d’hommes et de femmes ordinaires, tous ceux qui étaient trop orgueilleux dans leur vie passée. Le dieu introduit la notion selon laquelle tous les Tengu ne sont pas égaux; Les hommes érudits deviennent des « Daitengu » (大天狗/ »Grand Tengu »), mais les ignorants deviennent des « Kotengu » (小天狗/ »petit Tengu »). Le philosophe « Hayashi Razan » (林羅山) a listé les plus grands de ces Daitengu comme « Sōjōbō » (僧正坊) du « Mont Kurama » (鞍馬山), « Tarōbō » (太郎坊) du « Mont Atago » (愛宕山), et « Jirōbō » (二郎坊) des « monts Hira » (平ヶ岳). Les démons de Kurama et d’Atago sont parmi les Tengu les plus renommés. Une section du « Tengu Meigikō » (天狗名義考), annotée plus tard par « Inoue Enryō » (井上円了), liste les Daitengu dans cet ordre :

  • « Sōjōbō » (僧正坊) du « Mont Kurama » (鞍馬山)
  • « Tarōbō » (太郎坊) du « Mont Atago » (愛宕山)
  • « Jirōbō » (二郎坊) des « Monts Hira » (平ヶ岳)
  • « Sanjakubō » (三尺坊) du « Mont Akiha » (秋葉山)
  • « Ryūhōbō » (笠鋒坊) du « Mont Kōmyō » (光明山)
  • « Buzenbō » (豊前坊) du « Mont Hiko » (英彦山)
  • « Hōkibō » (伯耆坊) du « Daisen » (大山)
  • « Myōgibō » (妙義坊) du « Mont Ueno » (上野公園/parc d’Ueno)
  • « Sankibō » (三鬼坊) de « Itsukushima » (厳島山)
  • « Zenkibō » (前鬼坊) du « Mont Ōmine » (大峰山)
  • « Kōtenbō » (高天坊) de « Katsuragi » (葛城山)
  • « Tsukuba-hōin » (筑波法印) de la « province de Hitachi » (常陸国)
  • « Daranibō » (陀羅尼坊) du « Mont Fuji » (富士山)
  • « Naigubu » (内供奉) du « Mont Takao » (高尾山)
  • « Sagamibō » (相模坊) de « Shiramine » (白峰)
  • « Saburō » (三郎) du Mont Iizuna » (飯縄山)
  • « Ajari » (阿闍梨) de la « province de Higo » (肥後国)

Les Daitengu sont souvent représentés dans une forme plus humaine que leurs subordonnés, et à cause de leur long nez, ils sont aussi appelés « Hanatakatengu » (鼻高天狗/ »tengu à long nez »). Les Kotengu ressemblent plus à des oiseaux et sont quelquefois appelés « karasu-Tengu » (烏天狗/ »Tengu-corbeau » ou « Konoha-Tengu » [木葉天狗/木の葉天狗]). Inoue Enryō décrit deux sortes de Tengu dans son glossaire : le grand Daitengu et le petit Konoha-Tengu, ressemblant à un oiseau et vivant dans les cèdres. Les Konoha-Tengu sont cités dans un livre de 1746, appelé le « Shokoku Rijin Dan » (諸国里人談). On les décrit comme des créatures semblables à des oiseaux avec des ailes de deux mètres d’envergure, qui ont été vues en train d’attraper des poissons dans la « rivière Ōi-gawa » (大井川), mais ce nom apparaît rarement dans le reste de la littérature. Des créatures qui ne sont pas des oiseaux classiques ou des yamabushi sont parfois appelées Tengu. Par exemple, les Tengu en tant d’esprits des bois peuvent être appelés « Guhin » (occasionnellement écrit « Kuhin ») (狗賓), mais ce mot peut aussi se référer au Tengu, avec une gueule de chien ou d’autres caractéristiques. Les habitants de la « préfecture de Kōchi » (高知県) dans le Shikoku croient en une créature appelée « Shibaten » ou « Shibatengu » (シバテン, 芝天狗), mais c’est un petit être enfantin qui aime les combats de « sumo » (相撲), qui vit la plupart du temps dans l’eau et est généralement considéré comme une sorte de « kappa » (河童). Un autre Tengu résidant dans l’eau est le « kawatengu » (川天狗/ »Tengu des rivières ») du « Grand Tokyo » (首都圏). Cette créature était rarement vue, mais on croyait qu’elle créait d’étranges boules de feu et était donc une nuisance pour les pêcheurs.

Tengu empreintant les trait de « Garuda » (迦樓羅).

Le « Shasekishū » (沙石集), un livre de paraboles bouddhistes de la « période Kamakura » (鎌倉時代), fait la distinction entre les bons et les mauvais Tengu. Le livre explique que les premiers sont à la tête des seconds et sont les protecteurs et non les adversaires du bouddhisme, bien que la fierté ou l’ambition leur a valu d’échouer sur la voie du démon, ils restent bons dans l’ensemble, le « dharma » (法/ »Loi Bouddhique »), donnant une chance de rédemption aux personnes pour ce qu’elles étaient de leur vivant. L’image déplaisante du Tengu continue de s’éroder au XVIIe siècle. Certaines histoires les représentent beaucoup moins malveillants, protégeant et bénissant les institutions bouddhistes plutôt que de les menacer ou de les brûler. Selon une légende du XVIIIe siècle dans le « Kaidan Toshiotoko » (怪談登志男), un Tengu prit la forme d’un yamabushi et servit avec piété l’abbé d’un monastère « zen » (禅), jusqu’à ce que l’homme devine la vraie forme de son serviteur. Les ailes et l’immense nez du Tengu furent alors révélés. Le Tengu demanda un fragment de sagesse à son maître et partit tout en continuant, invisible, à procurer une aide miraculeuse au monastère. Aux XVIIIe et XIXe siècles, les humains commencèrent à craindre les Tengu, qui étaient de vigilants protecteurs de certaines forêts. En 1764, dans un recueil d’histoires étranges, le « Sanshu Kidan » (三州奇談), un récit raconte qu’un homme se promenait dans une vallée profonde et ramassait des feuilles. C’est alors qu’il fit face à une tempête de grêle soudaine et féroce. Un groupe de paysans lui dit plus tard qu’il était allé dans la vallée où vivaient les Guhin, et que n’importe qui prenant une seule feuille de ce lieu mourait de façon certaine. Dans le « Sōzan Chomon Kishū » (想山著聞奇集), écrit en 1849, l’auteur décrit les coutumes des bûcherons de la « province de Mino » (美濃国), qui utilisaient un gâteau de riz appelé « kuhin mochi » (狗賓餅) pour apaiser les Tengu qui, autrement, perpétreraient toutes sortes de méfaits. Dans d’autres provinces, une sorte de poisson, appelé « Okoze » (オコゼ), était offert aux Tengu par les bûcherons et les chasseurs, en échange d’une journée de travail fructueuse. Les habitants de la « préfecture d’Ishikawa » (石川県) ont jusqu’à récemment cru que les Tengu détestaient les maquereaux.

« Masque de Karasu Tengu » (烏天狗面).

Ils ont donc utilisé ces poissons comme un charme contre les enlèvements et pour éviter que les Tengu viennent les hanter. Les Tengu sont vénérés comme des « kami » (神) bienveillants dans divers cultes religieux japonais. Par exemple, le « Tengu Saburō » du mont Iizuna est vénéré sur cette montagne et sur de nombreuses autres comme « Izuna Gongen » (飯綱権現/ »incarnation d’Izuna »), une des divinités primaires du culte de « Izuna Shugen » (飯綱修験), qui est aussi liée à la sorcellerie des « kitsune » (狐/ »renards ») et au « Dakini » (荼枳尼) du bouddhisme tantrique. Izuna Gongen est représenté comme une figure ailée avec un bec et des serpents enroulés autour de ses jambes, entouré d’un halo de flammes, chevauchant un renard et brandissant une épée. Les adorateurs des Tengu d’autres montagnes sacrées ont adopté des images similaires pour leur divinité, tel que « Sanjakubō » (三尺坊), « Akiba Gongen » (秋葉権現) ou « Dōryō Gongen (道了権現) du « Temple Saijō-ji » (西芳寺) à « Odawara » (小田原市). Les Tengu apparaissent fréquemment dans les contes transmis oralement et collectés par les folkloristes japonais. Comme ces histoires sont souvent humoristiques, ils tendent à faire un portrait des Tengu comme des créatures grotesques qui sont facilement piégées ou ridiculisées par les humains. Certains de ces contes populaires incluent le « Tengu no Kakuremino » (天狗の隠れみの) : Un garçon regarde à travers un bout de bambou et prétend qu’il peut voir des endroits situés au loin. Un Tengu, rendu curieux, offre d’échanger le bambou contre un manteau de paille magique qui rend son porteur invisible. Ayant dupé le Tengu, le garçon continue ses méfaits en utilisant le manteau. Une autre version de l’histoire parle d’un affreux vieil homme qui piège un Tengu pour qu’il lui donne son manteau magique. Le vieil homme sème le chaos au sein de son village à cause du manteau. L’histoire finit avec le Tengu qui regagne le manteau grâce à un jeu d’énigmes et qui punit l’homme en le transformant en loup. Dans le « Kobu-tori Jiisan » (瘤取り爺さん), un vieil homme a une bosse (ou une tumeur) sur le visage. Dans la montagne, il rencontre un groupe de Tengu qui font la fête et il rejoint leur danse. Il plait tellement aux démons qu’ils veulent le revoir la nuit suivante et lui offrent aussi un cadeau.

Image du Tengu « Izuna Gongen » (飯縄権現).

Ils lui retirèrent la bosse de son visage, pensant qu’il voudrait la reprendre et donc qu’il reviendrait. Un voisin méchant, qui a aussi une bosse, entend parler de la bonne fortune du vieil homme et essaie de faire la même chose mais en volant le cadeau. Les Tengu, cependant, lui donnent simplement la bosse de son voisin en lui laissant la sienne, dégoûtés par ses mauvais talents de danseur et sa malhonnêteté. Dans le « Tengu no Hauchiwa » (天狗の羽団扇), un coquin obtient l’éventail magique d’un Tengu, qui peut agrandir ou rétrécir les nez. Il utilise l’objet secrètement pour agrandir le nez de la fille d’un riche marchand, puis le fait raccourcir en échange de sa main. Plus tard, accidentellement, il s’évente lui-même en dormant, et son nez devient si long qu’il atteint le paradis, ce qui lui cause de douloureux problèmes. Dans le  « Tengu no Hyōtan » (天狗の瓢箪), un parieur rencontre un Tengu, qui lui demande de quoi il a le plus peur. Le parieur ment en clamant qu’il est terrifié par l’or ou les mochi. Le tengu lui, répond sincèrement qu’il est effrayé par telle sorte de plante ou tel objet ordinaire. Le monstre, pensant jouer un tour cruel, fait alors pleuvoir de l’argent ou des mochi sur le parieur. Le parieur est bien sûr ravi et décide d’effrayer le tengu avec ce dont il a le plus peur. Le parieur alors obtient la gourde magique du Tengu qu’il a laissée derrière lui.

Durant le XIVe siècle, les Tengu ont commencé à s’en prendre à d’autres personnes en dehors du clergé bouddhiste, et comme leurs ancêtres menaçants, les TianGou chinois, les Tengu devinrent des créatures associées à la guerre. Des légendes leur prêtent de grandes connaissances dans l’art du combat. Cette réputation semble avoir son origine dans une légende entourant le fameux guerrier « Minamoto no Yoshitsune » (源義経). Quand celui-ci était un jeune garçon du nom de « Ushiwaka-maru » (牛若丸), son père, « Yoshitomo » (源義朝), fut assassiné par le « clan Taira » (平氏). « Taira no Kiyomori » (平清盛), à la tête des Taira, permit à l’enfant de survivre s’il s’exilait dans le temple du « Mont Kurama » (鞍馬山) en devenant moine. Mais un jour, dans la vallée « Sōjō-ga-dani » (僧正が谷), Ushiwaka rencontra le Tengu de la montagne, « Sōjōbō » (僧正坊). Cet esprit apprit au garçon l’art de l’escrime afin qu’il puisse se venger des Taira. À l’origine, les actes de ce Tengu étaient décrits comme une autre tentative des démons de provoquer le chaos et la guerre, mais quand la renommée de Yoshitsune en tant que guerrier légendaire augmenta, son monstrueux maître fut finalement décrit sous un jour plus respectable et sympathique. Dans une des plus fameuses interprétations de l’histoire, la pièce « Nô » (能) « Kurama Tengu » (鞍馬天狗), Ushiwaka est la seule personne du temple qui n’a pas fui à la vue de cet étrange yamabushi. Sōjōbō se lie alors d’amitié avec le garçon et devient son maître, par compassion pour toutes ses épreuves passées. Deux histoires du XIXe siècle continuent sur ce thème : dans le Sōzan Chomon Kishū, un garçon fut enlevé par un Tengu et passa trois ans avec la créature. Il revint à la maison avec un pistolet magique qui ne ratait jamais sa cible. Une histoire de la « province d’Inaba » (因幡国), relatée par Inoue Enryō, parle d’une fille peu douée de ses mains, qui est soudainement possédée par un Tengu, qui souhaite raviver l’art de l’escrime dans le monde. Un jour, un jeune « samouraï » (侍) surgit et le Tengu lui apparaît en rêve. Par la suite, la fille possédée lui enseignera l’escrime à la manière d’un maître.

Publié dans Culture japonaise | Tagué , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

ZhenWu DaDi 真武大帝


« XuanWu » (玄武/«guerrier sombre») ou « XuanDi » (玄帝/«divinité sombre»), également connu sous le nom de « ZhenWu » (真武) ou « ZhenWu DaDi » (真武大帝), est une des divinités de rang supérieur du « taoïsme » (道教). Il est vénéré comme un dieu puissant, capable de contrôler les éléments et capable d’une grande magie. Il est identifié comme le dieu du nord « HeiDi » (黑帝/ »Empereur noir ») et est particulièrement vénéré par les artistes martiaux . Il est le dieu protecteur du « HeBei » (河北省), du « HeNan » (河南省), de la « Mandchourie » (滿洲) et de la « Mongolie » (蒙古國). Alors que certains Chinois « Han » (漢族) ont émigré dans le sud de HeBei et du HeNan pendant « l’ère Tang-Song »  (唐宋時代), XuanWu est également largement vénéré dans les provinces du « GuangDong » (廣東省), du « GuangXi » (廣西省) et du « FuJian » (福建省), ainsi que dans la diaspora chinoise des pays d’ outre-mer. Depuis que « l’empereur YongLe » (永樂帝) de la « dynastie Ming » (明朝) demanda l’aide de « XuanWu » lors de la « campagne victorieuse de Jingnan » (靖難之役) contre son neveu, il a fit construire des monastères taoïstes dans les montagnes de « WuDang » (武當山), dans le « HuBei » (湖北省), où XuanWu aurait atteint l’immortalité.

3e584d34jw1f5tm3rk7i9j20qo0zkaip

Selon une histoire, XuanWu était à l’origine un prince dans le nord du HeBei, à l’époque de « l’Empereur jaune » (黃帝). En grandissant, il sentit le chagrin et la douleur des gens ordinaires et voulut se retirer dans une montagne isolée pour cultiver le « Tao » (道). Une autre histoire affirme que XuanWu était à l’origine un boucher qui tuait de nombreux animaux sans éprouver la moindre pitié. Au fil des jours, il finit par ressentir des remords pour ses péchés et se repentit immédiatement en cessant son métier et se retira dans une montagne isolée pour y cultiver le Tao. Un jour, alors qu’il assistait une femme sur le point d’accoucher tout en nettoyant ses vêtements tachés de sang le long d’une rivière, les mots «Sombre divinité la plus haute et la plus céleste» (玄天上帝) apparurent devant lui. La femme en travail se révéla être une manifestation de la déesse « GuanYin » (觀音). Pour racheter ses péchés, il creusa son propre ventre et ses propres intestins et les lava dans la rivière. La rivière devint alors sombre et trouble. Au bout d’un moment, le cours d’eau redevint claire et pure. Malheureusement, XuanWu perdit son estomac et ses intestins alors qu’il les lavait dans la rivière. « L’empereur de jade » (玉皇大帝) fut touché par sa sincérité et sa détermination à se purger de ses péchés. L’empereur de jade fit de lui un immortel avec le titre de « Sombre divinité la plus haute et la plus céleste ». Après qu’il soit devenu un immortel, son estomac et ses intestins absorbèrent l’essence de la terre. Ses viscères se transformèrent en une tortue et un serpent démoniaques qui commencèrent à blesser les gens. Personne ne pouvait soumettre ces animaux dans leur frénésie. Finalement, XuanWu revint sur terre pour les mater, et après les avoir vaincus, il les utilisa comme moyen de transport.

XuanWu est parfois représenté avec deux généraux à ses côtés, le général Wan Gong (萬公) et le général « Wan Ma » (萬媽), qui traitent de nombreux problèmes locaux liés à la naissance des enfants, aux médicaments, aux questions familiales et à la consultation du « FengShui » (風水). XuanWu est décrit comme un guerrier vêtu d’une robe impériale de couleur sombre, sa main gauche tenant le « sceau des trois montagnes » (三山印), tandis que sa main droite tient un sabre qui aurait appartenu à l’immortel « Lü DongBin » (呂洞賓), l’un des « Huit Immortels » (八仙). Une autre légende dit qu’il emprunta cette arme pour soumettre un puissant démon, et après l’avoir vaincu, il refusa de ramener l’épée après avoir été témoin de sa puissance. Il est donc dit qu’il tient toujours son épée fermement et qu’il est incapable de la libérer. Cependant, non seulement il devance Lü en termes de divinité, mais XuanWu existe aussi depuis plus longtemps dans l’histoire que l’immortel lui-même, mettant en doute cette affirmation. Il est généralement assis sur un trône avec le pied droit marchant sur le serpent et la jambe gauche, pliée, marchant sur la tortue. Son visage est généralement rouge avec des yeux exorbités. Son anniversaire est célébré le troisième jour du troisième mois lunaire.

En Indonésie, presque tous les temples taoïstes fournissent un autel à XuanWu. L’histoire raconte que le premier temple qui le vénéra était un temple à « Welahan Town » à « Jepara », au centre de Java. Et les temples qui furent construits en son honneur sont les temples de « Gerajen » et « Bugangan » dans la ville de « Semarang », au centre de Java. Sa fête est célébrée chaque année le 25ème jour du 2e mois du calendrier chinois. Les fidèles de « Chen Fu Zhen Ren » (陳府真人/dieu ancestral dans la communauté chinoise d’indonésie), en particulier au temple « Tik Liong Tian » à « Rogojampi », croit que XuanTian ShangDi est leur divinité protectrice. C’est pourquoi ils ont placé son autel à droite de l’autel de Chen Fu Zhen Ren, dans la pièce centrale du temple qui est toujours réservée à la divinité principale. XuanWu est connu parmi le peuple thaïlandais en tant que « Chao Pho Suea » ou « Tua Lao Aie » (大老爷) selon le « dialecte Teochew » (潮汕話). Il existe de nombreux sanctuaires qui le vénèrent dans le pays dont le célèbre sanctuaire « San Chao Pho Suea » de « Bangkok ».

Publié dans Culture chinoise | Tagué , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Toro, lanterne Japonaise 灯籠


Au Japon, un « tōrō » (灯籠/灯篭/灯楼/« panier à lumière, phare ») est une lanterne traditionnelle japonaise en pierre, en bois ou en métal, suspendues ou non. Comme beaucoup d’autres éléments de l’architecture traditionnelle japonaise, cette lanterne est originaire de Chine, quoiqu’il n’en subsistent que de très rares exemplaires dans ce pays et qu’elles ne sont pas aussi répandues en Corée qu’elles le sont au Japon. Les tōrō sont à l’origine employés seulement dans les temples bouddhistes où ils sont alignés et éclairent les chemins. Les lanternes allumées sont alors considérées comme une offrande à « Bouddha » (仏).

Durant « l’époque de Heian » (平安時代/794-1185) cependant, ils commencent à être utilisés dans les « sanctuaires shinto » (神社/ »jinja ») et les résidences privées. Les plus anciennes lanternes de bronze et de pierre existantes se trouvent à « Nara » (奈良). Le « Taima-ji » (當麻寺) possède une lanterne en pierre façonnée à l’époque du même nom, tandis que celle du « Kasuga-taisha » (春日大社) date de l’époque de Heian. Durant « l’époque Azuchi Momoyama » (安土桃山時代/1568–1600), les lanternes de pierre sont rendues populaires par les maîtres du thé qui les utilisent comme décoration dans les jardins. Bientôt ils commencent à développer de nouveaux types en fonction de la nécessité. Dans les jardins modernes, ils ont une fonction purement ornementale et sont disposés le long des chemins, près de l’eau ou à côté d’un bâtiment.

Les tōrō peuvent être classés en deux types principaux, les « tsuri-dōrō » (釣灯籠/掻灯/吊り灯籠/littéralement « lampes suspendues »), qui sont habituellement suspendus aux avant-toits d’un édifice, et les « dai-dōrō » (台灯籠/littéralement « lampes plate-forme ») utilisés dans les jardins et le long de l’approche d’un sanctuaire (« Sando »/参道) ou d’un temple. Les deux types les plus courants de dai-dōrō sont la lanterne de bronze et la lanterne de pierre, qui ressemblent à des lanternes suspendues posées sur un piédestal. Dans sa forme originelle complète, comme le « gorintō » (五輪塔/ »pagode à 5 étages »), le dai-dōrō représente les cinq éléments de la cosmologie bouddhiste. La partie la plus basse et qui touche le sol, représente le « chi » (気), la « terre » (土), la partie suivante représente « l’eau » (水), « le feu » (火), est représenté par la partie recouvrant la lumière ou la flamme de la lanterne, tandis que « l’air » (風) et « le vide » (空) sont représentés par les deux dernières parties les plus en haut et dirigées vers le ciel. Les segments expriment l’idée qu’après la mort, nos corps physiques retournent à leur forme élémentaire originale.

« Dai-Doro » (台灯籠) du « Temple Nishi Hongan » (西本願寺).

Également appelées « kaitomoshi » (掻灯), les lanternes suspendues tsuri-dōrō sont petites, possèdent quatre à six côtés et sont faites de métal (cuivre) ou de bois. Introduites à l’origine en provenance de Chine via la Corée au cours de l’époque de Nara, elles sont initialement utilisées dans les palais impériaux.

« kaitomoshi » (掻灯) du « Temple Todai » (東大寺).

Les lanternes en bronze, ou « kondō-dōrō » (金銅燈籠/ »lanterne de bronze doré ») ont une longue histoire au Japon, mais ne sont pas aussi communes ou aussi diverses que celles en pierre. Dans leur forme classique, elles sont divisées en sections qui représentent les cinq éléments de la cosmologie bouddhiste. Nombre d’entre elles sont classées bien culturel important par l’agence pour les affaires culturelles. Celle située en face du « daibutsuden » (大仏殿) du « Tōdai-ji » (東大寺) par exemple est classée trésor national japonais. Dans son musée, le « Kōfuku-ji » (興福寺) en possède une fabriquée en 816 qui est aussi classée trésor national.

« kondō-dōrō » (金銅燈籠) du « Daibutsu-den » (大仏殿).

Les éléments traditionnels d’une lanterne en pierre (ou en bronze) sont, de haut en bas :

  • « Hōju » ou « hōshu » (宝珠/littéralement « joyau ») : la partie en forme d’oignon au sommet du faîteau.
  • « Ukebana » (請花/littéralement « fleur de réception ») : le support en forme de lotus du hōshu.
  • « Kasa » (笠/littéralement « chapeau/ombrelle ») : le parapluie conique ou pyramidal couvrant le foyer. Les coins peuvent se recourber vers le haut pour former ce qu’on appelle « warabide » (蕨手).
  • « Hibukuro » (火袋/littéralement « sac à feu ») : le foyer où est allumé le feu.
  • « Chūdai » (中台/littéralement « plateforme centrale ») : la partie sur laquelle repose le foyer.
  • « Sao » (竿/littéralement « poteau ») : le poteau, souvent absent ou remplacé par des pieds.
  • « Kiso » (基礎/littéralement « fondation ») : la base, généralement arrondie ou hexagonale, et absente dans un ikekomi-dōrō.
  • « Kidan » (基壇/littéralement « plateforme de base ») : une dalle de pierre aux formes variées parfois présente sous la base. Comme indiqué ci-dessus, la structure de la lanterne est destinée à symboliser les cinq éléments de la cosmologie bouddhiste. À la seule exception du foyer, des pièces peuvent être absentes. Par exemple, un oki-dōrō, ou lanterne mobile, ne dispose pas de poteau et repose directement sur le sol. Il peut aussi manquer une ombrelle.

caption

Les lanternes de pierre peuvent être classées en cinq groupes de base, chacun possédant de nombreuses variantes. Les « Tachidōrō » (立ち灯籠), ou lanternes sur colonne, sont les plus communes. La base est toujours présente et le foyer est décoré de sculptures de cerfs ou de pivoines. Il en existe plus de 20 sous-types. Les suivantes sont parmi les plus courantes :

  • « Kasuga-dōrō » (春日灯籠). Nommé d’après le « Kasuga-taisha » (春日大社), il est très commun dans les temples et les sanctuaires. Le parapluie est petit et présente soit six ou huit faces avec un warabite dans les coins. Le foyer est soit hexagonal soit carré, avec des sculptures représentant des cerfs, le Soleil ou la Lune. Grand et mince, il est souvent trouvé près du deuxième « torii » (鳥居/portique marquant l’entrée d’un sanctuaire Shinto).
  • « Yūnoki-dōrō » (柚ノ木灯篭). La deuxième plus ancienne lanterne de pierre au Japon, qui se trouve au sanctuaire Kasuga, est un yūnoki-dōrō ou lanterne de pierre de cédratier. Ce style remonte au moins à l’époque de Heian. Le poteau a des anneaux sculptés en bas, au milieu et en haut, et la base hexagonale et la plate-forme du milieu sont sculptées avec des lotus. Le parapluie est simple et n’a ni warabite ni ukebana. Le yunoki semble provenir d’un cédratier qui se dressait près de la lanterne du sanctuaire de Kasuga. Ce type de lanterne est devenu populaire dans les jardins des maisons de thé durant « l’époque d’Edo » (江戸時代).

tourou0016

Les « ikekomi-dōrō » (活け込み燈籠), ou lanternes enfouies, sont des lanternes de taille moyenne dont le poteau ne repose pas sur une base, mais va directement dans le sol. En raison de leur taille modeste, elles sont utilisées le long des chemins ou près des bassins de pierre dans les jardins.

  • « Oribe-dōrō » (織部灯籠). Ce type commun est nommé d’après « Furuta Shigenari » (古田 重然, 1544 – 6 juillet 1615), un noble connu sous le nom « d’Oribe », qui l’a conçu pour être utilisé dans les jardins. Le foyer est un cube avec une fenêtre de chaque côté : l’avant et l’arrière sont de forme carrée, la droite et à gauche sont respectivement en forme de croissant de Lune et de pleine Lune. Le parapluie est petit et à quatre faces.
  • « Kirishitan-dōrō » (キリシタン灯籠). C’est en fait un oribe-dōrō avec des symboles chrétiens cachés. Ce style est né pendant la persécution de la religion chrétienne au Japon, où beaucoup ont continué à pratiquer leur foi en secret.
  • « Mizubotaru-dōrō » (水蛍燈籠). Il s’agit d’un ikekomi-dōrō typique, son foyer comporte des ouvertures carrées sur deux côtés opposés et des ouvertures à double triangle sur les deux autres côtés. Ce type de lanterne est utilisé à la « villa impériale de Katsura » (桂離宮) à « Kyoto » (京都). Le toit est de forme carrée et arrondie.
  • Les « Oki-dōrō » (置き燈籠) ou lanternes mobiles doivent leur nom au fait qu’elles viennent reposer sur le sol, et ne sont fixées en aucune façon. Ce type dérive probablement des lanternes suspendues, auxquelles elles ressemblent fortement, déposées à même le sol. Elles sont communément utilisées autour des entrées des maisons et le long des chemins.
  • « Sankō-dōrō (三光灯籠) est un exemple d’oki-dōrō. Cette lanterne est juste une petite boîte en pierre au plafond bas. Il doit son nom, « Lanterne des trois Lumières », à ses fenêtres en forme de Soleil et de Lune à l’avant et à l’arrière, et en forme d’étoile aux extrémités. Ce type de lanternes est habituellement placé près de l’eau.
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

« Oki-dōrō » (置き燈籠).

  • Les « Nozura dōrō » (野面灯籠) sont des lanternes faites avec des pierres rugueuses, non polies.
  • Les « Yukimi-dōrō » (雪見燈籠) ou lanternes à pattes ont comme base non pas un poteau mais de un à six pieds incurvés, et un large parapluie au faîteau, soit faible soit inexistant. Relativement bas, ils sont utilisés exclusivement dans les jardins. Leur emplacement traditionnel est près de l’eau, et une lanterne à trois jambes a souvent deux pieds dans l’eau et un sur terre. Le parapluie peut être rond ou avoir de trois à huit côtés, tandis que le foyer est généralement hexagonal.
Publié dans Culture japonaise | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Tablettes ancestrales dans la religion chinoise 牌位


Une « tablette ancestrale » (牌位), parfois également désignée sous l’appellation de « tablette mémorielle », « tablette spirituelle » ou « tablette mortuaire », est un panneau utilisé pour marquer la présence d’une divinité ou de l’âme d’un ancêtre. Originaires de la culture chinoise, les tablettes ancestrales se retrouvent dans la plupart des cultures d’Asie de l’Est où se pratique le culte des ancêtres (notamment au Japon, en Corée et au Viêt Nam). Elles peuvent être réalisées à partir de différents matériaux (bois, pierre) et sont généralement richement décorées. On les trouve dans la plupart des temples confucéens, des sanctuaires et des autels familiaux en Chine et à Taïwan, où elles sont désignées par le terme « shen ZhuPai » (神主牌). Les tablettes sont à différencier des idoles, dans la mesure où la personne honorée n’est pas représentée sur l’objet.

Les tablettes ancestrales sont généralement utilisées pour honorer une divinité ou la mémoire d’un ancêtre. Elles sont placées dans des autels familiaux ou dans les temples confucéens, s’ils comprennent une salle destinée à accueillir les tablettes dédiées à des particuliers. Dans la tradition taoïste, elles servent à emprisonner l’esprit de la divinité. Cette pratique cultuelle a influencé la religion bouddhiste, qui a fait peu à peu usage de tablettes dans les temples. Cependant, leur fonction ne se limite pas aux ancêtres mais est également d’emprisonner l’âme d’esprits vagabonds et de démons. Lors d’une cérémonie, des bâtons d’encens sont souvent allumés devant la tablette.

Parfois, des fruits, du thé et des pâtisseries sont offerts à l’esprit pour rassasier sa faim. Dans la religion traditionnelle chinoise, une famille a généralement une ou plusieurs tablettes dédiées à des divinités :

  • Une à l’extérieur de la maison, sur la porte d’entrée, qui sont fréquemment dédiées à « l’Empereur de jade » (玉皇大帝) ou à la divinité de la Terre, « TuDiGong » (土地公).
  • Une dans la cuisine, en l’honneur de « Zao Jun » (灶君), divinité de la nourriture.
  • Deux dans la maison, dont au moins une dans le salon en l’honneur d’une divinité ou des ancêtres de la famille. Les tablettes ancestrales sont également présentes dans d’autres cultures asiatiques, comme au Japon, en Corée et au Viêt Nam. Dans le bouddhisme japonais, les tablettes sont utilisées lors des rites funéraires et sont rangées dans « l’autel à Bouddha » (仏壇/ »Butsudan ») présent dans la maison de chaque pratiquant. On en trouve également dans les « Kaisan-dō » (開山堂), édifice dédiés à la conservation des tablettes funéraires dans les monastères. Dans la culture coréenne, les tablettes jouent un rôle primordial dans les rites traditionnels : placées au centre de la cérémonie appelée « jesa » [제사/祭祀]), elles représentent l’esprit de l’ancêtre et sont entourées d’offrandes.
Publié dans Culture chinoise, Culture japonaise | Tagué , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Prunier 梅


En Chine, la « fleur de prunier » (梅花/ »MeiHua » en chinois) est un symbole particulièrement évocateur. Elle est la fleur de l’hiver, annonciatrice du printemps. Son motif est souvent associé à la craquelure de la glace. Le prunier est le premier arbre à fleurir dans l’année, avant même que ses feuilles se soient développées et même sous la neige. On dit que sa floraison est d’autant plus belle que la plante a subi les rigueurs de l’hiver. La fleur de prunier est toujours représentée avec cinq pétales et fut choisie en 1911 comme la fleur nationale de la « république de Chine » (中華民國/aujourd’hui « TaïWan » [臺灣]). Les cinq pétales, exactement comme les cinq couleurs du premier drapeau de la république chinoise, symbolisent les cinq peuples de la Chine: les Chinois « Han » (漢族), les « Mongols » (蒙古族), les « Mandchous » (滿族), les « Mahométans » (regroupant les groupes ethniques de confession musulmane) et les « Tibétains » (藏族).

9553806_121454605177_2

Les cinq pétales représentent aussi les cinq éléments du « TaiJi Quan » (太極拳). La fleur de prunier est quelquefois utilisée pour symboliser « l’Alchimie taoïste » (煉丹) et elle fait alors référence aux « cinq éléments » du TaiJiQuan. Elle fait aussi référence à la persévérance requise dans la démarche de cette discipline et à la fin de « l’hiver » de l’être humain, quand « le printemps » du naturel le touche, l’enveloppe dans ses pétales accueillants. C’est une représentation de notre résilience. Les légendes chinoises disent que les « Immortels taoïstes » (仙人) se nourrissent de fleurs de prunier et « Lao-Tseu » (老子) serait né au pied d’un prunier.

La disposition resserrée des cinq pétales de la fleur de prunier symbolisent l’harmonie, l’unité des différentes parties de notre corps, des êtres humains entre eux et de tout ce qui existe. Cette floraison, à la fin de l’hiver, dans le grand froid et la neige abondante, une floraison qui revient chaque année, infailliblement, évoque la force de la vie, l’espoir, la vaillance, la ténacité, la continuité, la santé et la longévité. La fleur de prunier représente aussi la retenue et la simplicité. En effet, elle fleurit et donne à voir sa beauté pendant que les autres fleurs se préparent, puis elle leur laisse la place dès que celles-ci apparaissent. Son travail est alors achevé. Le « président Mao » (毛澤東) a écrit un célèbre poème sur les fleurs de prunier, et plusieurs de femmes chinoises se prénomment aujourd’hui « Fleur de Prunier »… De tout temps, la fleur de prunier a inspiré les musiciens, les peintres et les poètes. Ainsi, l’expression aller « fouler la neige à la recherche de la fleur de prunier  » () signifie être à la recherche d’un sujet d’inspiration. Il y a 1 800 ans, à « l’époque Song » (宋朝), « Zhong Ren » (仲仁) écrivait dans son « Traité de la peinture du prunier » (華光梅譜), qu’il fallait considérer le prunier comme un symbole de l’univers dont il était en quelque sorte le modèle réduit. Pour exprimer un souhait de bonheur ou de plaisir, on mêle les fleurs de prunier aux « fleurs de pêcher » (桃花).

11734610_115355267146_2

山園小梅

林逋

眾芳搖落獨暄妍,
佔盡風情向小園。
疏影橫斜水清淺,
暗香浮動月黃昏。

霜禽欲下先偷眼,
粉蝶如知合斷魂。
幸有微吟可相狎,
不須檀板共金樽

« Le petit prunier du Jardin de Montagne »
de « Lin Pu«  (林逋)

« Toutes les fleurs sont étiolées; lui seul, il resplendit,
Vainqueur de tout le petit monde du jardin.
Son ombre clairsemée zèbre une eau pure et peu profonde,
Son parfum flotte obscurément dans la soirée où se lève la lune.

L’oiseau aux ailes givrées, avant de se poser, le regarde à la dérobée;
Si le papillon poudré le savait, il serait jaloux.
Mais, par de subtiles chansons, l’oiseau sait faire sa coure :
Point n’a besoin de claquettes de santal ni de coupes d’or »

Le genre « Prunus Mume », terme botanique pour désigner cette espèce, est un arbre à feuilles caduques qui commence à fleurir en plein hiver, généralement entre janvier et la fin février en Asie de l’Est, pouvant atteindre 4 à 10 mètres de hauteur. Les fleurs ont un diamètre de 2–2,5 cm et une forte odeur parfumée. Ils ont des couleurs dans différentes nuances de blanc, rose et rouge. Les feuilles apparaissent peu de temps après la chute des pétales, sont ovales à bout pointu et mesurent 4–8 cm de long et 2,5–5 cm de large. Le fruit mûrit au début de l’ été, autour de Juin et Juillet en Asie de l’ Est, et coïncide avec la saison des pluies d’Asie de l’ Est, le « MeiYu » ( 梅雨/ »pluie de prunes »). La drupe a un diamètre de 2 à 3 centimètres avec une rainure allant de la tige à la pointe. La peau devient jaune, parfois avec un rougissement, au fur et à mesure qu’elle mûrit et la chair devient jaune. L’arbre est cultivé pour ses fruits et ses fleurs .

La plante est connue sous différents noms en anglais, notamment « Chinese plum » et « Japanese apricot ». Un nom alternatif est « Ume », du japonais, ou « Mume », du nom scientifique. Un autre nom alternatif est « Mei », du chinois. La fleur y est connue sous le nom de « MeiHua » (梅花), ce qui a fini par être traduit par « fleur de prunier » ou parfois par « prune en fleurs ». Le terme « prune d’hiver » peut également être utilisé, en particulier en ce qui concerne la représentation de la fleur avec sa floraison précoce dans la peinture chinoise. Le fruit est appelé « MeiZi » (梅子). Des variétés d’arbres d’ornement et des cultivars de « P. Mume » ont été cultivés pour la plantation dans divers jardins en Asie orientale et pour les branches en fleurs coupées utilisées dans les compositions florales. En Chine, il existe plus de 300 cultivars de « Prunus Mume » enregistrés. Celles-ci sont classées par phylogénétique (Prunus Mume et deux hybrides) en branches, types de branches en groupes et caractéristiques des fleurs sous plusieurs formes :

  • « ZhiZhiMei Lei » (直枝梅類/Type linéaire) Prunus Mume var. Typica.
  • « PinZiMei Xing » (品字梅型/Forme de Pleiocarpa).
  • « JiangMei Xing » (江梅型/Forme à fleur unique).
  • « GongFen Xing » (宮粉型/Double forme rose).
  • « YuDie Xing » (玉蝶型/Forme Alboplena).
  • « HuangXiang Xing » (黃香型/Forme de Flavescens).
  • « Lü’E Xing » (綠萼型/Forme de calice vert).
  • « SaJin Xing » (灑金型/Forme Versicolor).
  • « ZhuSha Xing » (硃砂型/Forme pourpre du cinabre).
  • « ChuiZhiMei Lei » (垂枝梅類/Groupe de Pendulous Mei), Prunus mume var. Pendula. « FenHua ChuiZhi Xing » (粉花垂枝型/Forme pendante rose).
  • « WuBao ChuiZhi Xing » (五寶垂枝型/Forme pendante Verbocolor).
  • « CanXue ChuiZhi Xing » (殘雪垂枝型/Forme pendante Albiflora).
  • « BaiBi ChuiZhi Xing » (白碧垂枝型/Forme pendante de Viridiflora).
  • « GuHong ChuiZhi Xing » (骨紅垂枝型/Forme pendante d’Atropurpurea).
  • « LongYouMei Lei » (龍游梅類/Groupe dragon tortueux), Prunus Mume var. Tortuosa.
  • « XingMei Lei » (杏梅類/Groupe d’abricot), Prunus Mume var. Bungo Y.
  • « YingLiMei Lei » (櫻李梅類/Groupe Blireiana), Prunus X Blireiana, Prunus cerasifera ‘Pissardii’ X Prunus mume Alphandii.

Il est contesté que « Prunus zhengheensis » (政和杏) est une espèce distincte de son congénère Prunus mume. On le trouve dans la province chinoise du « FuJian » (福建省). Il n’est connu que d’un seul comté, « ZhengHe » (政和縣). C’est un arbre de 35 à 40 m de haut, préférant pousser de 700 à 1000m d’altitude. Le fruit jaune est délicieux. Au Japon, les cultivars ornementaux de Prunus Mume sont classés en types « yabai » (野梅/ »sauvage »), « hibai » (緋梅/ »rouge ») et « bungo » (豊州/de la province du même nom). Les bungo sont également des fruits et sont des hybrides entre Prunus mume et abricot. Les arbres hibai ont un cœur rouge et la plupart d’entre eux ont des fleurs de la même couleur. Les yabai sont également utilisés comme matériel de greffe .

409

En Chine continentale et à Taiwan, le « SuanMeiTang » (酸梅湯/ »jus de prune aigre ») est fabriqué à partir de prunes fumées, appelées « WuMei » (烏梅). Le jus de prune est extrait à l’eau bouillante de prunes fumées et sucré pour en faire le fameux dessert. Il varie du rose-orange clair au noir violacé et a souvent un goût fumé et légèrement salé. Il est traditionnellement aromatisé avec des « fleurs d’osmanthe » (桂花) douces et se déguste frais, généralement en été. En Corée, les fleurs et les fruits sont utilisés pour faire du thé. « Maehwa-cha » (매화차/梅花茶/ »thé aux fleurs de prunier ») est fabriqué en infusant les fleurs dans de l’eau chaude. Le « Maesil-cha » (매실차, 梅實茶/ »thé aux prunes ») est préparé en mélangeant de l’eau avec du « maesil-cheong » (매실청/梅實淸/ »sirop de prunes ») et est servi chaud ou froid. Au Japon, une boisson similaire à base de prunes vertes, au goût sucré et acidulé, est considérée comme une boisson froide et rafraîchissante et est souvent appréciée en été.

GeruiWang-Detail-InkPlumBlossom

Une sauce chinoise épaisse et douce appelée « MeiJiang » (梅醬) ou « MeiZiJiang » ( 梅子醬 ), généralement traduite par «sauce aux prunes», est également préparée à partir de prunes, ainsi que d’autres ingrédients tels que le sucre, le vinaigre, le sel et le gingembre, chili et ail. Semblable à la sauce au canard , il est utilisé comme condiment dans divers plats chinois, notamment les plats à base de volaille et les « rouleaux aux œufs » (蛋卷). En Corée, le maesil-cheong, sirop antimicrobien fabriqué à partir de sucres de prunes mûres, est utilisé comme condiment et substitut du sucre. On peut le préparer en mélangeant simplement les prunes et le sucre, puis en les laissant environ 100 jours. Pour fabriquer le sirop, le rapport sucre/prune doit être au moins égal à 1 : 1 pour éviter la fermentation, ce qui permet au liquide de se transformer en vin de prune. Les prunes peuvent être retirées au bout de 100 jours et le sirop peut être consommé immédiatement ou mûri pendant un an ou plus. En Corée, le « hwajeon » (화전/花煎/ »pancake de fleurs ») peut être fabriqué avec des fleurs de prunier. Appelé « maehwa-jeon » (매화전/梅花煎/ »galette de fleur de prunier »), le plat à crêpes est généralement sucré, avec du miel comme ingrédient. La liqueur de prune, également connue sous le nom de « vin de prune » (梅酒), est populaire au Japon et en Corée, et est également produite en Chine. « Umeshu » (梅酒/ »vin de prune ») est une boisson japonaise alcoolisée préparée en trempant des prunes vertes dans du « shōchū » (焼酎/liqueur claire). C’est doux et lisse. Un alcool similaire en Corée, appelé « maesil-ju » (매실주, 梅實酒/ »vin de prune »), est commercialisé sous diverses marques, notamment « Mae hwa soo », « Matchsoon » et « Seoljungmae ». Les variétés japonaises et coréennes de liqueurs de prune sont disponibles avec des fruits de prune entiers contenus dans la bouteille. A Taiwan, une innovation des années 1950 a popularisé le vin de prune de style japonais portant le nom de « WuMeiJiu » (烏梅酒/ »liqueur de prune fumé »), qui est fait par le mélange de deux types de liqueur de prune, « MeiJiu » (梅酒) en « Prunus Mume » et « LiJiu » (李酒) à base de « Prunus salicina » et de liqueur de « thé oolong » (烏龍茶). Au Vietnam, les prunes mûres sont macérées dans de la liqueur de riz gluant. La boisson résultante est appelée « rượu mơ ».

Le Prunus Mume est un fruit commun en Asie et utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise. Il a longtemps été utilisé comme drogue traditionnelle et comme aliment sain dans les pays d’Asie de l’Est. Une étude récente a indiqué que l’extrait de Prunus Mume est un candidat potentiel pour la mise au point d’un agent antimicrobien oral permettant de contrôler ou de prévenir les maladies dentaires associées à plusieurs bactéries pathogènes orales. Des études récentes ont également montré que l’ extrait de Prunus Mume pouvait inhiber « l’Helicobacter pylori », associé à une gastrite et à un ulcère gastrique. Des expériences sur des rats suggèrent que l’extrait de Prunus Mume administré pendant un entraînement d’endurance peut augmenter la capacité oxydative du muscle squelettique et peut amener le muscle à préférer les acides gras à son utilisation comme carburant, plutôt que les acides aminés ou les glucides, contribuant ainsi à l’endurance.

Dans le « Confucianisme » (儒家), la fleur de prunier représente les principes et les valeurs de la vertu. Plus récemment, il a également été utilisé comme une métaphore pour symboliser la lutte révolutionnaire depuis le début du XXe siècle. Comme elle fleurit en hiver, la fleur de prunier est considérée comme l’un des « Trois amis de l’hiver » (歲寒三友), avec le « pin » (松) et le « bambou » (竹). La fleur de prunier est également considérée comme l’un des « Quatre messieurs » (四君子) des fleurs dans l’art chinois avec « l’orchidée » (蘭), le « chrysanthème » (菊) et le « bambou » (竹). Il s’agit d’une des «fleurs des quatre saisons» qui se compose de l’orchidée (printemps), du lotus (été), du chrysanthème (automne) et de la fleur de prunier (hiver). Ces regroupements sont répétés dans l’esthétique chinoise de l’art, de la peinture, de la littérature et de la conception des jardins. Un exemple de la signification littéraire de la fleur de prunier se trouve dans la vie et l’oeuvre du poète « Lin Bu » (林逋) de la dynastie Song (960-1279). Pendant la majeure partie de sa vie, Lin Bu a vécu en réclusion dans un cottage près du « lac de l’ouest » (西湖), à « HangZhou » (杭州), en Chine. Selon des récits, il aimait tellement les fleurs de prunier et les grues qu’il considérait la fleur elle-même comme son épouse et les grues comme ses enfants, afin de pouvoir vivre en paix dans la solitude.

Le poète « Lin Bu » (林逋).

La « princesse ShouYang » (壽陽公主), fille de « l’empereur Wu » de Liu/Song ([劉]宋武帝), figurant en bonne place dans une légende chinoise sur les fleurs de prunier, raconte qu’une fois le 7ème jour du 1er mois lunaire, cette dernière se reposait sous les combles du palais, non loin des pruniers des jardins environnants, une fleur, portée par le vent, se posa sur son beau visage, laissant une empreinte florale sur son front qui rehaussait sa beauté. Les dames de la cour auraient été tellement impressionnées qu’elles commencèrent à décorer leur propre front avec le même motif délicat de fleurs de prunier. C’est aussi l’origine mythique de la mode florale, « MeiHua Zhuang » (梅花妝/littéralement « maquillage de fleur de prunier »), qui tire son origine de la « Dynasties du Sud » (南朝/420-589) et devint populaire parmi les dames des « dynasties Tang » (唐朝/618-907) et « Song » (宋朝/960-1279). La princesse ShouYang est célébrée en tant que déesse de la fleur de prunier dans la culture chinoise.

« Princesse ShouYang » (壽陽公主).

Au cours de la « dynastie Ming » (明朝/1368-1644), le concepteur de jardin « Ji Cheng » (計成) écrivit sa monographie définitive d’architecture de jardin, « YuanYe » (園冶), dans laquelle il décrivait le prunier comme la « belle femme de la forêt et de la lune ». L’appréciation de la nature la nuit joue un rôle important dans les jardins chinois. Pour cette raison, il existe des pavillons classiques qui témoignent de la tradition consistant à observer les fleurs de prunier au clair de lune. Les fleurs sont vues et appréciées par beaucoup alors que des festivals annuels de fleurs de prunier ont lieu pendant les saisons de floraison du Prunus. Les fleurs de prunier sont souvent utilisées comme décoration pendant la « fête du printemps » (春節) et restent populaires parmi les plantes de jardinage miniatures de l’art « PenJing » (盆景/plus connu au Japon sous le nom de « Bonsai »). Les branches de fleurs de prunier sont souvent disposées dans des vases en porcelaine ou en céramique, tels que le « MeiPing » (梅瓶/littéralement « vase à prunes »). Ces vases peuvent contenir des branches simples et sont traditionnellement utilisés pour mettre en valeur les fleurs de prunus dans une maison depuis le début de la dynastie Song (960-1279). La lignée du célèbre artiste martial « Moy Yat » (梅逸/28 juin 1938 – 23 janvier 2001), spécialisé dans la forme de « Kung Fu » (功夫) « Wing Chun » (詠春), utilise comme emblème la fleur de prunier rouge, celle-ci figurant notamment sur les tuiles de « Mahjong » (麻將/麻雀).

Prunus miniature en pot, dit « PenJing » (盆景).

La fleur nationale de la République de Chine (Taiwan) a été officiellement désignée comme la fleur de prunier par le « Yuan exécutif » (行政院) de la République de Chine le 21 Juillet 1964. Elle est le symbole de la résilience et de la persévérance face à l’adversité au cours d’un hiver rigoureux. Le triple groupement d’étamines (trois étamines par pétale) sur l’emblème national représente les « Trois principes du peuple » (三民主義) de « Sun Yat-sen » (孫逸仙), tandis que les cinq pétales symbolisent les cinq branches du gouvernement. Il sert également de logo à « China Airlines », la compagnie aérienne nationale de Taiwan. La fleur figure également sur certaines pièces du nouveau dollar taïwanais.

C’est un motif de fleur populaire, parmi d’autres fleurs, pour la broderie coréenne. Les « Maebyong » (매병) sont des vases pour prunus dérivés du « MeiPing » chinois et sont traditionnellement utilisés pour mettre en valeur les branches de prunier en fleurs. Celles-ci sont souvent mentionnées dans la poésie japonaise comme un symbole du printemps. Lorsqu’elles sont évoquées dans le « haiku » (俳句) ou le « renga » (連歌), ils forment un « kigo » (季語), idiome de printemps pour le début de cette saison. Les fleurs sont associées à la « La Bouscarle chanteuse » (鶯/ »Horornis diphone »/petit passereau) japonaise et représentées ensemble sur l’une des douze couleurs de « hanafuda » (花札/cartes à jouer japonaises). Les fleurs de prunier ont été favorisées pendant la « période Nara » (奈良時代/710–794) jusqu’à l’émergence de la « période Heian » (平安時代/794–1185) au cours desquelles la fleur de cerisier a été préférée. La tradition japonaise estime que les fleurs de prunier fonctionnent comme un charme de protection contre le mal, de sorte qu’elle est traditionnellement plantée dans le nord-est du jardin, direction par laquelle le mal est supposé venir. Le fait de manger des fruits au vinaigre au petit-déjeuner est également censé éviter les malheurs. Au Vietnam, en raison de la beauté de l’arbre et de ses fleurs, le mot « maï » est utilisé pour nommer les filles. Le plus grand hôpital de « Hanoi » est nommé « Bạch Mai » (fleur de prunier blanc), tandis qu’un autre hôpital de Hanoi est baptisé « Mai Hương » (« l’odeur de la prune »), situé dans la rue « Hong Mai » (fleur de prunier rose). « Hoàng Mai » (« fleur de prunier jaune ») est le nom d’un district de Hanoi.

Publié dans Culture chinoise | Tagué , , , , , , , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Palanquin 轎


Un « palanquin » (轎) est une sorte de chaise, ou de litière, portée par des hommes ou par des animaux et dont les personnes importantes se servent, dans une grande partie de l’Asie, pour se faire transporter d’un lieu à un autre. Présent en Inde et en Chine depuis quelque deux mille ans, le palanquin se rencontre également au Japon et en Corée. À la différence de la chaise à porteurs européenne, le palanquin est parfois porté par un grand nombre de porteurs, marquant ainsi le statut de son occupant. Une variété de palanquin peut parfois être installée sur le dos d’animaux comme le dromadaire ou l’éléphant. On parle alors de « howdah ».

« Palanquin » (轎) de style chinois.

Le mot palanquin vient du tamoul « pallakku » et du « telugu pallaki », qui désigne une couche où dormir. L’utilisation de palanquins est mentionnée dans des textes aussi anciens que le « Rāmāyana », qui date de 250 av. J.-C. Les palanquins existent également en Chine, dès la « dynastie des Han » (漢朝), il y a deux mille ans. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, ils connurent un engouement de la part des commerçants européens au Bengale, à tel point qu’il fallut interdire leur achat par les employés mal classés. Le palanquin fut également d’usage courant à l’île Maurice et à La Réunion avant l’abolition de l’esclavage en 1848. Étienne Claude Chevreau, intendant de l’Ile de France entre 1781 et 1785, possédait un grand palanquin qui devait être porté par 16 esclaves. Parfois appelé « manchy », il servait notamment au transport des gens de bonne famille dans les Hauts, en direction des stations thermales de Mafate ou Cilaos, par exemple. En Extrême-Orient, l’usage des palanquins a commencé à reculer après l’introduction des rickshaws dans les années 1930. Sous la dynastie des Han, l’élite voyageait dans de légers sièges de bambou, attachés sur le dos d’un porteur comme un sac à dos. Sous la « dynastie des Wei du Nord » (北魏) puis la « dynastie des Song » (宋朝), des sièges de bois suspendus à des perches apparaissent, que l’on voit sur les rouleaux de peintures de paysage.

De telles litières de bois ou de bambou, utilisées parmi les gens du commun par les femmes ou les personnes âgées, étaient appelées « MinJiao » (民轎/ »chaise à porteurs du peuple »). Les mandarins, eux, avaient recours à un « GuanJiao » (官轎/ »chaise à porteurs de mandarin »), fermé de rideaux de soie, « Jiao » (轎) étant le terme général pour désigner une chaise à porteurs. La chaise à porteurs qui avait peut-être le plus d’importance était la chaise de mariage : la mariée était traditionnellement portée à sa cérémonie de mariage au moyen d’un « portage d’épaule » (肩輿/ »JianYu), généralement loué. Ces derniers étaient laqués de rouge, la couleur propice, richement décorés et dorés, et étaient équipés de rideaux de soie rouges, destinés à protéger la jeune épousée de la vue des passants. Posséder son propre palanquin était un attribut important du statut social. Le statut des hauts personnages était dénoté par le nombre de porteurs qui portaient son palanquin. Ce nombre pouvait aller dans certains cas jusqu’à 40, voire 64 porteurs. À « Hong Kong » (香港), les chaises à porteurs furent au XIXe siècle, à une certaine époque, le seul moyen de transport public, jouant le rôle tenu aujourd’hui par les taxis. On trouvait des stations de chaises à porteurs à chaque hôtel, sur les quais, ainsi qu’aux principales intersections. Les chaises à porteurs publiques faisaient l’objet d’une licence, et faisaient l’objet d’une tarification affichée à l’intérieur. Avant que le « Peak Tram » (山頂纜車), le funiculaire de Hong Kong, ne soit mis en service en 1888, les riches résidents de « Victoria Peak » étaient portés par des « coolies » dans des chaises à porteurs pour gravir la pente raide jusqu’à leur résidence. Depuis 1975, une course annuelle de chaises à porteurs se déroule à Hong Kong au bénéfice de « l’Hôpital Matilda », pour commémorer les temps anciens.

Le « norimono » (乗り物) est la version japonaise du palanquin. Utilisé par les personnages importants et riches, tel que les « daimyō » (大名), il fut en usage au Japon pendant « l’ère Edo » (江戸時代). Les norimono pouvaient être très richement décorés. Les gens aisés, mais ne pouvant malgré tout pas accéder au coûteux norimono, utilisaient un « kago » (駕籠), sorte de logette de bambou tressé, qui était en quelque sorte un palanquin réduit à sa plus simple expression. Sur des chemins difficiles, le kago présentait l’avantage d’être beaucoup plus léger et plus maniable. Si les plus beaux norimono se distinguent très facilement d’un kago, il existe cependant de nombreuses variétés intermédiaires. Cependant, un norimono se distinguait toujours par sa poutre porteuse, toujours de section carrée, et creuse, car formée en fait de quatre fines planches. Il y avait deux raisons à cela : d’une part, la structure creuse de la poutre permettait de la rendre beaucoup plus légère qu’il n’y paraissait ; d’autre part, la hauteur de cette poutre indiquait le rang de son occupant.

« Kago » (駕籠).

Il était donc important que la qualité de l’occupant et la hauteur de la poutre soient en accord, sous peine de se retrouver en infraction avec la loi régissant la hauteur des poutres de norimono. Il faut noter cependant que cette loi sur la hauteur des poutres ne s’appliquait qu’aux hommes, et que les femmes étaient donc libres d’adopter la hauteur de poutre qu’elles désiraient. Un norimono de qualité était généralement construit en bois, et non en bambou tressé, et était entièrement fermé, comportant des portes dont les ouvertures étroites laissaient filtrer la lumière et permettait à l’occupant de distinguer les lieux qu’il traversait, sans qu’aucun regard indiscret ne puisse se glisser à l’intérieur. Selon le rang et les moyens de son occupant, un norimono pouvait faire appel à deux, quatre ou huit porteurs, voire plus. En Corée, la famille royale et l’aristocratie se déplacent dans des palanquins appelés « Gama » (가마), très richement ornés. Il existait six types de gama, correspondant chacun à un « grade » différent dans l’administration. Lors des mariages traditionnels, les fiancés se rendaient à la cérémonie chacun de son côté, dans des gama différents. À cause des difficultés présentées par le caractère montagneux de la péninsule coréenne, ainsi que de l’absence de routes pavées, les gama étaient préférés aux véhicules à roues.

Palanquin coréen.

Publié dans Culture chinoise, Culture japonaise | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire