Esprit-Renard 狐狸精


« L’Esprit-Renard » (狐狸精, aussi appelé “renard-immortel” [狐仙] ou “renard-démon” [妖狐]) est un animal récurrent des contes de “Pu SongLing” (蒲松齡), intitulés “Contes étranges du studio du bavard” (聊齋志異). On trouve également une créature de ce type dérivée du “kitsune” (狐) dans le folklore japonais appelé “YōKo” (妖狐).  Il s’agit d’une renarde qui se métamorphose en une charmante et agréable jeune fille pour séduire les héros; la femme-renarde est décrite comme un esprit tantôt dangereux, tantôt bienfaisant, mentionnée dans le bouddhisme chinois depuis des siècles.

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Les esprits renard rencontrés dans les contes et les légendes apparaissent comme de jeunes et belles femmes. L’un des esprits les plus pervers du renard dans la mythologie chinoise fut “DaJi”(妲己), évoquée dans le roman “l’investiture des dieux” (封神演義). Une fille d’un général fut mariée de force au cruel tyran “Zhou Xin” (紂辛). Un “esprit-renard à neuf queues” (九尾狐) (servant la déesse “NüWa” [女媧], que Zhou Xin aurait offensé), posséda le corps de DaJi en expulsant son âme. C’est a ce moment, sous l’influence de cet esprit malfaisant, que DaJi et son nouveau mari devinrent particulièrement cruels et inventèrent de nombreux appareils de torture, comme par exemple, un supplice infligé aux fonctionnaires “justes” consistant à brûler au fer rouge toutes les parties du corps. En raison de telles cruautés, de nombreuses personnes, y compris les anciens généraux de Zhou Xin, se révoltèrent et se battirent farouchement contre la “dynastie Shang” (商朝). L’esprit du renard fut chassé du corps de DaJi par “Jiang ZiYa” (姜子牙), premier ministre de la dynastie des Zhou, et condamné par NüWa elle-même pour sa cruauté excessive. Les esprits-renard étaient considérés comme dangereux, mais quelques uns, dans les histoires de Pu SongLing, vivaient des histoires d’amour avec des hommes;

« Tamamo no Mae » (玉藻前), renard ayant pris l’apparence d’une courtisane de l’époque « Heian » (平安時代).

Dans le folklore japonais, les animaux ayant le pouvoir de transformation, à des fins bienfaisantes ou malveillantes, sont appelés « Henge » (変化). Le renard et le « tanuki » ([狸]/chien-viverrin) sont des maîtres dans cet art, comme c’est le cas pour les « Tengus » (天狗), esprit des forêts et des montagnes. Certains disent que le renard et le tanuki sont le fruit de l’orgueil et la vanité d’un puissant Tengu.  Les renards gagnent en puissance à mesure qu’ils vieillissent, ayant la faculté de créer des illusions, apparaître dans les rêves, et lire dans les pensées. Après un siècle, ils acquièrent une queue de plus et la capacité de changer de forme ainsi que de posséder les personnes. Les renards les plus puissants sont ceux qui atteignent l’âge de 1000 ans (dont le fameux « Kyubi » [九尾], renard à neuf queues dont la fourrure devient argentée, blanche ou dorée) doués de « vision infinie ».  En Corée, on le nomme « kumiho » (구미호), mais est toujours présenté comme maléfique, contrairement au renard japonais, qui peut être tantôt bienveillant, tantôt malveillant. Le « Kitsune » est un tricheurs de renom. Dans de nombreux contes japonais , il apparaît sous les traits d’une femme envoûtante qui séduit les hommes ou récompense et protège les personnes méritantes. Sous sa forme humaine, il est capable de se reproduire avec un homme.

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Un commentaire pour Esprit-Renard 狐狸精

  1. Maxence Morin dit :

    C’est passionnant comme information sur la culture chinoise

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