Les Quatre Beautés de la Chine antique 四大美女


Les « Quatre Beautés » ou « Quatre Grandes Beautés » (四大美女) sont quatre anciennes femmes chinoises, renommées pour leur beauté. La rareté des documents historiques les concernant signifie qu’une grande partie de ce que l’on sait d’elles aujourd’hui a été grandement embellie par leur légende. Elles ont acquis leur réputation grâce à l’influence qu’elles exerçaient sur les rois et les empereurs et, par conséquent, sur la façon dont leurs actions ont eu un impact sur l’histoire chinoise. Trois des quatre beautés ont mis à genoux les royaumes et leurs vies se sont terminées de façon tragique.

« Les 4 Grandes Beautés » (四大美女).

Les quatre grandes beautés vivaient sous quatre dynasties différentes, séparées chacune de plusieurs centaines d’années :

  • « Xi Shi » (西施) : Elle vécut à la fin de la « Période des Printemps et des Automnes » (春秋[771 à 481/453 av. J.-C.]), à une époque nommée « Période des Royaumes combattants » (戰國) car beaucoup de royaumes s’y faisaient la guerre. Parmi les nombreuses anecdotes auxquelles le nom de Xi Shi est associé, figure celle des rois « Gou Jian » (勾踐) et « Fu Chai » (夫差). Le roi Gou Jian du royaume « Yue » (越國), fut vaincu à la bataille par le roi Fu Chai du royaume voisin de « Wu » (吳). À la condition de reconnaître Fu Chai comme son suzerain, il fut rapidement libéré, mais en resta néanmoins humilié. Afin de se venger, Gou Jian recruta Xi Shi, la femme la plus belle de son pays vivant au pied du « Mont ZhuLuo » (苧蘿山). Gou Jian la forma dans les voies de l’espionnage et de la séduction. Puis, en -490, il envoya Xi Shi à la cour du roi Fu Chai, comme un cadeau fait à son suzerain, sachant que Fu Chai ne savait résister à une jolie femme. Totalement ensorcelé par la beauté et la douceur de la belle Xi Shi, Fu Chai ne tarda pas à se détourner des affaires de son royaume. En plus d’être belle et intelligente, Xi Shi avait l’esprit vif et la main adroite. Sous son influence, il fit même exécuter le général « Wu ZiXu » (伍子胥), son meilleur conseiller. Peu après, le roi Gou Jian pu lancer une offensive victorieuse contre Fu Chai dont il conquit le royaume. Fu Chai se suicida. Après quoi, Xi Shi disparut. Il existe plusieurs légendes sur la suite de sa vie : Xi Shi se serait noyée dans le « lac TaiHu » (太湖). On dit aussi que la femme de Gou Jian, jalouse que ce dernier ait fait de Xi Shi sa concubine, ordonna en cachette qu’on la mette dans un sac de cuir et qu’on la jette dans la rivière. Une autre légende veut qu’elle se soit retirée avec « Fan Li » (范蠡), un des ministres de Gou Jian , pour vivre heureux de longues années sur un bateau de pêcheur .

« Xi Shi » (西施).

 

  • « Wang ZhaoJun » (王昭君/33 av. J.-C) : « Hu HanXie » (呼韓邪), chef des « XiongNu » (匈奴), se rendit à « Chang’An » (長安/l’actuelle ville de « Xi’An » [西安]) pour rendre hommage à l’empereur de Chine. Il profita de cette occasion pour exprimer son désir de devenir un gendre de l’empereur (tradition du « HeQin » [和親/ »mariage d’alliance »]). Au lieu d’honorer le ChanYu avec une princesse, on lui montra cinq femmes du harem impérial dont l’une était Wang ZhaoJun. D’après le « Livre des Han postérieurs » (後漢書), Wang ZhaoJun fut volontaire pour rejoindre le chef de clan. Quand elle fut convoquée à la cour, sa beauté surprit et l’empereur faillit reconsidérer sa décision de l’envoyer auprès du ChanYu XiongNu. Wang ZhaoJun devint une favorite de Hu HanXie, donnant naissance à deux fils. Seul l’un d’eux survivra, « Yiuzhiyashi » (伊屠智牙師). Ils eurent aussi au moins une fille, « Yun » (雲), qui devint la princesse « Yimuo » (?) qui deviendra plus tard une personnalité majeure du monde XiongNu. Quand Hu HanXie mourut en 31 av. J.-C., Wang ZhaoJun souhaita revenir en Chine. L’empereur « Han ChengDi » (漢成帝), cependant lui ordonna de suivre la coutume du lévirat XiongNu et de devenir l’épouse du fils aîné de son mari. De ce mariage, elle eut deux filles.

« Wang ZhaoJun » (王昭君).

 

  • « Diao Chan » (貂蟬) : elle est un personnage fictif de « l’Histoire des Trois Royaumes » (三國演義) de « Luo GuanZhong » (羅貫中). Ce roman chinois, qui s’inspire de faits et de personnages réels de la fin de la « dynastie Han » (漢朝/dont le déclin commença environ en 175 de notre ère et prit fin en 220) et de la période des Trois Royaumes (220-265 ap. J.-C.), a été écrit au XIVe siècle. Diao Chan serait la fille adoptive de « Wang Yun » (王允), un ministre de la cour de « l’Empereur XianDi » (漢獻帝). Wang Yun ne pouvant plus supporter la politique tyrannique de l’auto-proclamé Premier Ministre « Dong Zhuo » (董卓), qui détient en réalité le pouvoir, met au point un stratagème pour envenimer les relations entre ce dernier et son plus dangereux général, « Lu Bu » (呂布), afin que celui-ci tue le despote. Son plan consiste à proposer Diao Chan (qui n’a alors que 16 ans) en concubinage à Lu Bu puis à Dong Zhuo. Il soumet l’idée à Diao Chan, qui, se sentant redevable envers son père adoptif, accepte. Ainsi, après avoir proposé Diao Chan en concubinage aux deux protagonistes et avoir laissé Dong Zhuo la prendre avec lui, Wang Yun fait croire à Lu Bu que le tyran était au courant que la jeune fille était déjà promise au général. Lu Bu se sentit trahi mais ne réagit pas immédiatement. À partir de ce moment, tout est entre les mains de la charmante et rusée jeune fille. Elle joue subtilement avec les émotions des deux hommes, créant ainsi une haine profonde entre eux. Finalement, après que Wang Yun, sentant que Lu Bu était assez mûr pour passer à l’acte, lui suggéra de tuer Dong Zhuo, ce qu’il fit, aveuglé par la rancœur. Après la mort du despote, Diao Chan devint la concubine officielle de Lu Bu, et Wang Yun prit le contrôle de la cour impériale, mais pour une courte période seulement. Peu de temps après en effet, « Li Jue » (李傕) et « Guo Si » (郭汜), deux anciens officiers de Dong Zhuo, éliminent Wang Yun et mettent Lu Bu en exil. Diao Chan le suit dans cette fuite. Après la capture et l’exécution du général par « Cao Cao » (曹操) en 198, rien n’est précisé sur ce qu’il advient de la belle. Même si ce personnage est fictif, il semblerait qu’elle soit inspirée d’une jeune fille historique. On ne sait rien d’elle, ni son nom, ni même si elle avait un quelconque lien avec Wang Yun. On sait juste qu’elle aurait contribué (volontairement ou non) à envenimer les rapports entre Lu Bu et Dong Zhuo.

« Diao Chan » (貂蟬).

 

  • « Yang GuiFei » (楊貴妃) : Connue également sous le nom de « Yang YuHuan » (楊玉環/719-756), elle était la concubine favorite de l’empereur « XuanZong des Tang » (唐玄宗), qui régna de 712 à 756. Bien qu’elle ait été une concubine de haut rang, elle ne s’est jamais mêlée de politique (contrairement à « Wu ZeTian » [武則天], impératrice de Chine en son temps). Yang YuHuan vécut sous la « dynastie Tang » (唐朝), période caractérisée par l’ouverture d’esprit et le libéralisme, ce qui permit aux femmes de bénéficier d’un environnement social calme et d’une certaine indépendance. En plus de son extraordinaire beauté, Yang YuHuan était reconnue pour ses talents de danseuse et de musicienne. Très éprise de XuanZong, ils étaient considérés comme inséparables. Sa famille profita de la faveur qui lui était accordée et souffrit d’un conflit de pouvoir avec le général « An LuShan » (安祿山). Celui-ci déclencha en 755 une rébellion qui mit l’empire à feu et à sang, prit « LuoYang » (洛陽市) et marcha sur la capitale « Chang’An » (長安), l’actuelle « Xi’An » (西安). Il faut ajouter que les relations entre YuHuan et XuanZong suscitaient une grande désapprobation de la part des membres de la cour. L’empereur s’enfuit vers la  » province du SiChuan » (四川省) avec sa belle et sa famille. Yang YuHuan fut forcée de se pendre sous les yeux de l’empereur. Inconsolable, il abdiqua en 756 en faveur de son fils « SuZong » (唐肅宗) qui entreprit la reconquête du pouvoir.

« Yang GuiFei » (楊貴妃).

Des idiomes bien connus décrivent les quatre beautés et dont l’origine exacte est discutée.

  • « Xi Shi fait couler les poissons » (西施沉魚).
  • « ChaoJun fait choir les oies sauvages en plein vol » (昭君落雁).
  • « Diao Chan éclipse la lune » (貂蟬閉月).
  • « Gui Fei fait honte aux fleurs » (貴妃羞花).

Ces idiomes séparés sont parfois fusionnés en un seul pour décrire des femmes particulièrement belles ou simplement se référer à la beauté légendaire des Quatre Grandes Beautés : « coulent les poissons et tombent les oiseaux, la lune s’éclipse et les fleurs sont honteuses » (沉魚落雁, 閉月羞花).

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