Les Trois Astres du Bonheur, de la Prospérité et de la Longévité 福祿壽三星


« Les Trois Astres » (三星) sont des divinités chinoises composées de « L’Étoile du Bonheur » (福星), « L’Étoile de la Prospérité » (祿星) et « L’Étoile de la Longévité » (壽星). Ils ne doivent pas être confondus avec « Les Trois Purs » (三清), qui sont les trois dieux les plus élevés du panthéon taoïste. C’est à partir de la « Dynastie Ming » (明朝/1368-1644 après J.-C.), entre le XIIe et le XVe, que vint l’idée de représenter les divinités de la Bonne Fortune ou du Bonheur sous forme humaine. Pour cela, on choisit parmi les dieux déjà existants, trois figures qui représenteraient le mieux cette fonction.

« Les Trois Astres » (三星).

 

« L’Astre du Bonheur » (福星/ »FuXing »)

L’histoire raconte qu’il s’appelait autrefois « Yang Cheng » (陽城) et qu’il exerça la charge de Juge criminel de « DaoZhou » (道州) au « HuNan » (湖南). L’Empereur « WuDi » (武帝) de la « Dynastie Liang » (梁朝/502-557 après J.-C.) avait coutume de recruter des gens de petite taille, voir des pygmées comme comédiens ou serviteurs du palais, pour son plaisir personnel. Chaque année, c’était par centaines que ces pauvres gens se voyaient désignés pour cette corvée, si bien que les liens de parenté et la constitution même des familles s’en trouvaient gravement atteint. Quand Yang Cheng fut chargé d’administrer cette ville, il rédigea un placet où il déclara que ces personnes étaient au même titre que les autres, des sujets de l’Empereur et non ses esclaves. Au lieu de s’en offusquer, tout au contraire, l’Empereur fut touché par cette missive, et dès ce jour, il cessa de recruter ces pauvres gens. Pour le remercier de ses bienfaits, les habitants de cette préfecture élevèrent des statues en son honneur et lui firent des sacrifices. Dans toute la région il fut vénéré comme « l’Esprit/le Dieu du Bonheur ». Cette dévotion se répandit dans tout l’empire, lettrés et gens du peuple l’honorèrent et il fut, dès lors, considéré comme « l’Esprit/Dieu du Bonheur et de la Félicité ». FuXing est souvent confondu avec l’Astre de Prospérité, mais son apparence est celle d’un homme fort, représenté vêtu d’une robe de mandarin rouge et or et sa coiffe porte deux « ailettes » sur les côtés, de plus, il tient souvent un lingot d’or dans les mains et est entouré d’argent ou d’or. Parfois par homonymie, son image est remplacé par une chauve-souris, symbole de chance et de bonne fortune.

« L’Astre du Bonheur » (福星).

 

« L’Astre de la Prospérité » (祿星/ »LuXing »)

Le terme « Lu » (祿) signifie « les honoraires d’un mandarin », il s’agit donc ici de dignités officielles largement rétribuées, honneurs et bénéfices pécuniaires, ces deux choses sont toujours inséparables chez les Chinois. LuXing s’appellerait en vérité « ShiFen » (石奮) et était un lettré du « HeNei » (河内/ »Hanoï ») qui devint grand dignitaire à la cour de « l’Empereur HanJing  » (漢景帝/156-140 av. J.-C), le fondateur de la « Dynastie Han » (漢朝). L’Empereur qui le couvrit d’or, lui et ses quatre enfants, lui accorda le nom honorifique de « WanShi Jun » (萬石君/ »Monsieur Dix Mille Shi »), (le « shi » étant une mesure de grains et de monnaie), souvent désigné sous ce titre dans les livres chinois de nos jours. Ses honoraires étaient considérables. À sa mort, ShiFen devint un des « Cinq Esprits/Dieux du Groupe Stellaire de la Constellation du Pôle Sud » (?) et plus tard encore, l’« Astre du Bonheur ». Une autre tradition fait de lui « KuiXing » (奎星/l’Étoile Kui »), acolyte du Dieu de la Littérature, « WenChang DiJun » (文昌帝君) ou Dieu lui-même, car il reçut lui aussi le titre de « Chargé des Dignités et des Émoluments des Vivants et des Morts ». On le représente vêtu comme un mandarin ou un fonctionnaire de la Cour, d’apparence assez frêle, portant un long manteau de couleur bleue ou verte, une coiffe sur la tête et tenant dans sa main un rouleau ou entouré d’enfants. On le confond parfois avec FuXing. Parfois par homonymie, il est remplacé par un « cerf » (鹿/ »Lu »).

« L’Astre de la Prospérité » (祿星).

 

« L’astre de la Longévité » (壽星/ »ShouXing »)

« L’Astre de La Longévité » (壽星), sans doute le plus connu des trois, et le seul à être déjà un « Esprit/Dieu ». ShouXing était une divinité stellaire, qui plus tard fut représentée sous forme humaine. Il appartient à la Constellation des étoiles « Jiao » (角) et « Kang » (亢), qui figurent au premier rang sur la liste des « Vingt-huit Loges Lunaires » (二十八宿), et c’est pour ce motif d’antériorité qu’on l’appelle « l’Astre de la Longévité ». Une autre tradition dit que lorsque ce « Vieillard du Pôle Sud » se montre, c’est alors présage de paix, mais que lorsqu’il disparaît, c’est signe de guerre. Selon cette version, son étoile se trouverait au sud des étoiles « Hu » (弧/partie du « Grand Chien » et « d’Argo »), ce serait elle qui déterminerait les limites de la vieillesse et qui fixerait la durée de la vie humaine. Au matin de l’équinoxe d’automne, elle apparaît dans la Constellation « Jing » (景), et le soir du printemps, elle apparaît dans la Constellation « Ding » (丁); pour cela, on l’appelle « Longévité Brillante » et s’il elle venait à disparaître, les hommes seraient dans la perplexité. Quoi qu’il en soit, on le reconnaît souvent à son apparence hors du commun, vêtu d’un long manteau aux larges manches, le crâne chauve et bombé, avec de longs favoris et une moustache blanche, tenant un bâton tordu à son extrémité dans la main gauche et une pêche d’immortalité dans la droite. Parfois par homonymie, il est remplacé par un pin. Au Japon, il est vénéré sous le nom de « Jurojin » (寿老人) et emprunte les mêmes traits que son homologue chinois.

« L’astre de la Longévité » (壽星).

Comme l’indique leur nom, les trois acolytes portent chance à celui qui les vénère ou leur voue un culte; on trouve souvent dans les échoppes chinoises ou les grands magasins leurs images, soit dessinées sur des posters en couleurs, soit des statues les représentant de toutes les matières possibles (porcelaine, fer, bois, plastique, etc). Il n’est pas rare non plus de les trouver dans un restaurant encore de nos jours et d’y voir devant un plat de fruits laissé à leur intention ou un autel dressé spécialement pour eux, juste à côté du « Dieu local du Sol » (土地公), un autre Esprit/Dieu, lui aussi, très cher aux Chinois.

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