Le Boddhisatva GuanYin 觀世音菩薩


Le nom de « GuanYin » (觀音) est l’abréviation de « Guan ShiYin » (觀世音) qui signifie « L’observation des sons (ou cris) du monde ». Elle est aussi parfois appelée « GuanYin PuSa » (觀音菩薩). Certains bouddhistes croient que lorsqu’un des leurs quitte ce monde, il est placé par GuanYin au cœur d’un lotus, puis renvoyé chez lui, en « Terre Pure de Sukhavati » (淨土). Il est généralement admis (dans la communauté chinoise) que GuanYin proviendrait du Sanscrit « Avalokiteśvara » (अवलोकितेश्वर), qui est sa forme masculine. Communément connue comme la Déesse de la Miséricorde, GuanYin est également vénérée par les taoïstes chinois comme une immortelle.

GuanYin est dépeinte comme un « Bodhisattva » (菩薩) de sexe masculin, et porte donc des vêtements de poitrine révélatrice et peut même, parfois, arborer une moustache. Bien que cette représentation torse nu et moustachue existe encore en Extrême-Orient, GuanYin est le plus souvent représentée comme une femme. En outre, certaines personnes croient que GuanYin est à la fois homme et femme. Le « Sutra du Lotus » (妙法蓮華經) la décrit comme un Bodhisattva pouvant prendre la forme de n’importe quel type d’homme ou femme, adulte ou enfant, homme ou non-être humain, afin d’enseigner le « Dharma » (法/ »loi bouddhique ») aux êtres vivants. Ce texte et ses trente-trois manifestations de Guanyin, dont sept sont des manifestations de femmes, est connu pour avoir été très populaire dans le bouddhisme chinois dès la dynastie des « Sui » (隋朝) et des « Tang » (唐朝).

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Les représentations du Bodhisattva en Chine avant les « Song » (宋朝) étaient plutôt d’apparence masculine. Parce que celui-ci est considéré comme la personnification de la compassion et de la bonté, patronne des mères et des marins, sa représentation en Chine a également été interprétée sous une forme exclusivement féminine autour du XIIè siècle. De nos jours, GuanYin est le plus souvent représentée comme une belle femme en robe blanche, portant habituellement des parures de la royauté indienne/chinoise, une représentation qui découle du Bouddha-femelle « Pandaravasini » (དགོ་དཀར་མོ་). Dans sa main gauche est un pot contenant de l’eau pure, et la droite tient une branche de saule. La couronne représente généralement l’image du « Bouddha Amitabha » (阿彌陀佛), maître spirituel de GuanYin avant qu’elle ne devienne un Bodhisattva. Dans la région de « FuJian »(福建), en Chine, par exemple, provient une représentation populaire de GuanYin en jeune fille vêtue de vêtements de style Tang portant un panier à poissons. Dans l’art chinois, GuanYin est souvent représentée soit seule, debout sur un dragon, accompagnée d’un perroquet blanc ou de deux acolytes. Ces deux enfants, respectivement appelés « LongNü » (龍女) et « ShanCai TongZi » (善財童子) vinrent à elle alors qu’elle méditait au « Mont PuTuo » (普陀山).

Comme toutes les divinités chinoises elle a reçu une biographie terrestre, existant dans différentes versions, la plus répandue étant celle qui fait d’elle une princesse, elle-même réincarnation d’Avalokiteśvara. La déesse « MaZu » (媽祖), qui joue comme elle un rôle de protectrice, est parfois considérée comme un de ses avatars. La princesse « MiaoShan » (妙善) était la fille d’un roi de Sumatra qui avait choisi de devenir nonne plutôt que d’épouser le riche parti choisi par son père. Celui-ci avait ordonné aux moines de la faire travailler jour et nuit afin de la décourager, mais les animaux des alentours vinrent à son secours et elle fut toujours en mesure d’accomplir la tâche demandée, quelle que soit son importance. Exaspéré, son père décida de mettre le feu au monastère. MiaoShan éteignit alors l’incendie de ses mains sans souffrir de la moindre brûlure. Son père la fit finalement mettre à mort. Alors qu’elle se dirigeait vers le paradis, elle baissa la tête et vit la souffrance du monde. Elle décida alors d’y rester pour sauver les âmes en détresse. Une variante de l’histoire offre une explication à l’existence de la « GuanYin aux mille mains et aux mille yeux » (千手千眼觀音) dont le culte, lancé au temple de « XiangShan » (香山) dont l’effigie tantrique daterait des « Tang » (唐朝). Son père étant tombé malade, la princesse MiaoShan sacrifia ses bras et ses yeux pour demander sa guérison. Aussitôt après son sacrifice, elle apparut brièvement dotée de mille bras et mille yeux avant de retrouver son corps intact. En Chine, il est dit que les pêcheurs ont l’habitude de prier pour elle pour assurer leurs voyages en mer. Le titre de « GuanYin de l’océan Austral » (南海觀音) découlent de cette tradition.

« GuanYin » (觀音) accompagnée de ses deux acolytes, « LongNü » (龍女) et « ShanCai TongZi » (善財童子).

Trente-trois formes sont couramment représentées et seraient adaptées de la légende de MiaoShan :

  • « GuanYin au Saule » (楊柳觀音) : assise les jambes croisées sur une fleur de lotus, tenant dans la main droite une branche de saule et la main gauche à la hauteur de la poitrine.
  • « GuanYin à la Tête de Dragon » (龍頭觀音)  : assise sur un « Dragon » (龍) ou une tortue marine, son voile rabattu sur son haut chignon, tenant un lotus épanoui ou réalisant une posture de méditation cachée sous sa robe; Dans cette représentation, elle tient souvent un enfant et est confondue avec « Guanyin Donneuse d’Enfants » (送子觀音).
  • « GuanYin aux Écritures » (持線觀音) : assise en position de méditation, tenant dans ses mains un rouleau des écritures sacrées.
  • « GuanYin à l’Orbe de Lumière » (圓光觀音) : assise en méditation, les mains jointes et entourée de rayons lumineux.
  • « GuanYin Oisive et Théâtrale » (遊戲觀音) : assise sur une jambe, l’autre recroquevillée, la main droite reposant sur son nuage et l’autre sur le genou.
  • « GuanYin à la Robe Blanche » (白衣觀音) : assise sur une fleur de lotus, les mains en méditation ou tenant les écritures, souvent confondue avec « GuanYin à la Tête de Dragon ».
  • « GuanYin Étendue sur le Lotus » (臥蓮觀音) : assise sur une fleur de lotus ou couchée et méditative.
  • « GuanYin regardant la Cascade » (瀑見觀音) : assise en méditation sur un rocher en face d’une chute d’eau.
  • « GuanYin s’adonnant à la Joie » (施樂觀音) : assise, la main droite appuyée sur le visage, contemplant une fleur de lotus.
  • « GuanYin au Panier à Poisson » (魚籃觀音) : debout sur un poisson ou tenant un panier avec un poisson (scène extraite de « Pérégrination vers l’Ouest » [西遊記]), sans doute une de ses apparences la plus connue et la plus représentée.
  • « GuanYin Reine de la Vertu » (德王觀音) : assise en méditation tenant une branche de saule à la main, souvent confondue avec « GuanYin au Saule ».
  • « GuanYin à la Lune sur l’Eau » (水月觀音) : assise ou debout sur une fleur de lotus, parfois munie (rarement de trois têtes et six bras) et observant le reflet de la Lune sur l’Eau.
  • « GuanYin à la Feuille » (一葉觀音) : assise en délassement royal sur une feuille ou debout sur elle sur l’Océan, parfois appelée « GuanYin qui traverse la Mer » ( 過海觀音).
  • « GuanYin au Cou Bleu » (青頸觀音) : assise sur un lotus ou un rocher, tenant un lotus dans la main gauche et de la droite esquissant la paix ou accoudée à un rocher, un vase à ses pieds, pourvue parfois de trois têtes et quatre bras tenant chacun un Bâton, un Lotus, un Anneau et une Conque.
  • « GuanYin à la Majesté Vertueuse » (威德觀音) : assise en délassement royal, tenant un lotus dans la main droite, sans doute la plus représentée de ses formes en Chine.
  • « GuanYin Prolongatrice de Vie » (延命觀音)  : assise pensive derrière un rocher.
  • « GuanYin aux Nombreux Trésors » (眾寶觀音) : assise en délassement royal.
  • « GuanYin à la Porte de Rochers » (岩戶觀音) : assise à l’entrée d’une grotte.
  • « GuanYin à l’Immobile Capacité » (能靜觀音) : assise derrière un rocher.
  • « GuanYin Fin de Vie » (阿耨觀音) : assise sur un rocher au bord de la mer, protectrice contre les monstres aquatiques et des noyés.
  • « GuanYin aux Questions » (阿麼觀音) : assise en délassement royal sur un tigre blanc ou sur un rocher, peut être pourvue d’une tête à trois yeux et quatre bras.
  • « GuanYin Porte-Enveloppe » (葉衣觀音) : assise sur un rocher, ses mains dans ses manches, ou tenant dans la main droite un joyau entouré de flammes.
  • « GuanYin au Joyau de Beryl » (琉璃觀音) : debout sur une feuille posée sur l’eau, tenant en main un joyau.
  • « Târâ GuanYin » (多羅觀音) : une des formes féminines du bodhisattva indien, « Bhrikutî » (?), debout sur un nuage les mains drapées dans sa robe.
  • « GuanYin au Coquillage » (蜍利觀音) : assise en méditation sur un coquillage, les mains drapées dans sa robe.
  • « GuanYin des six heures de la Journée » (六時觀音) : debout, tenant un livre dans les mains.
  • « GuanYin à la Tristesse Universel » (普悲觀音) : debout les mains drapées dans sa robe.
  • « GuanYin la Marchande Ma » (馬郎觀音)  : vêtue comme une riche marchande.
  • « GuanYin aux Mains Jointes » (合掌觀音)  : debout les mains jointes en adoration.
  • « GuanYin de l’Unicité » (一如觀音) : assise en délassement royal sur un nuage.
  • « GuanYin Sans Égal » (不二觀音) : debout sur une feuille de lotus, les mains jointes sur le ventre.
  • « GuanYin au Lotus » (持蓮觀音) : debout tenant une fleur de lotus des deux mains ou des mains jointes.
  • « GuanYin de l’Aspersion » (酒水觀音) : debout, une branche dans la main droite et un vase dans la gauche.

En-dehors de ces 33 formes communément admises, GuanYin dispose d’un millier d’autres formes dont les 7 ésotériques suivantes :

  • « GuanYin à Onze Têtes » (十一頭觀音) : debout ou assise sur un trône de lotus, tenant le vase ou une fleur de lotus, à deux ou quatre bras, couronnée de 11 têtes représentant les vertus principales.
  • « GuanYin aux mille Bras » (千臂觀音) : debout ou assise sur un lotus, munie parfois de onze à vingt sept têtes et surtout de mille bras représentant l’omniscience de la divinité.
  • « GuanYin au Joyau du Savoir » (如意輪觀音) : debout, mais le plus souvent assise en délassement royal ou pensive, à deux ou quatre bras, tenant une fleur de lotus.
  • « GuanYin à Tête de Cheval » (馬頭觀音) : debout ou assise avec une tête de cheval sur un corps humain, ou de une à trois têtes humaines couronnées d’une ou deux têtes de cheval, à l’aspect menaçant.
  • « GuanYin la Pure » (純觀音) : debout ou assise sur un lotus, pourvue de deux, quatre, six, huit, douze, dix-huit, trente deux ou soixante quatre bras, portant une tiare cylindrique ou conique.
  • « GuanYin au Nœud de Soie Vide » (不空絲繩觀音) : debout ou assise, tenant la corde, le bâton de pèlerin, le rosaire, avec parfois trois têtes et de deux à trente deux bras.
  • « GuanYin la Bonzesse » (陀羅尼觀音) : assise sur un lotus, munie d’une tête à trois yeux, de trois à six bras.
  • La dernière des formes qu’on lui prête est celle de « GuanYin Donneuse d’Enfants » (送子觀音), sans doute une tentative de « bouddhéiser » la divinité taoïste « l’Immortelle Céleste donneuse d’Enfants » (天仙送子), forme qui contribua à l’identifier aux yeux des Européens à la « Vierge Marie » Chrétienne. GuanYin est aussi souvent appelée « GuanYin des Mers du Sud » (南海觀音), par rapport au temple du « Mont PuTuo » (普陀山) où elle réside, mais elle possède énormément d’autres épithètes. Elle prend parfois la forme d’une prostituée pour délivrer les hommes de leur luxure ou pour leur permettre d’atteindre l’éveil.

Sous la « Dynastie du Ciel d’Or » (金天朝), un jeune roi monta sur le trône après trois ans de guerre incessante, il s’appelait « MiaoZhuang (妙莊). Il désirait par-dessus tout un héritier, mais parce qu’il avait fait couler le sang pendant ces trois années, les dieux rechignaient à l’exaucer. Exceptionnellement et pour racheter une famille de voleurs, trois filles naquirent de son épouse « BaiYa » (白牙) : « MiaoQing » (妙清), « MiaoYin » (妙音) et « MiaoShan » (妙善). Le roi était désespéré, mais ses ministres le rassurèrent en lui disant qu’une de ses filles épouserait sans doute le futur héritier du trône. Mais alors que les deux premières filles trouvèrent un bon parti, la troisième, MiaoShan s’obstinait à ne pas vouloir se marier, car elle désirait vivre dans la religion et devenir bonzesse. Devant son insistance, son père, le roi, la dépouilla de ses vêtements, la vêtit de haillons et l’abandonna dans le jardin de la Reine, livrée aux éléments. Mais contre toute attente, cette vie érémitique convenait parfaitement à la jeune fille. Après maintes tentatives pour la raisonner, celle-ci décida d’aller rejoindre le « Temple de l’Oiseau Blanc » (白雀禪寺) où résidaient déjà cinq cents bonzesses. Bien malgré lui, le roi la laissa quitter le palais pour vivre la vie monastique, mais ordonna par décret aux bonzesses de mener la vie dure à la princesse afin de la dégoûter de son choix. Mais rien n’y faisait, MiaoShan supportait tout sans se plaindre. La mère supérieure lui avoua la menace qui pesait sur elles si la princesse persistait dans son choix, mais invectivant les nonnes, MiaoShan maintint ses positions. Elle finit par faire un marché avec les sœurs, elle s’occuperait seule des tâches ménagères et de la cuisine. Ému par tant de piété, « l’Empereur de jade » (玉皇大帝) lui envoya des Esprits pour l’aider, et lorsque les sœurs virent tout cela, elles s’émerveillèrent.

« GuanYin aux mille bras » (千手觀音).

Le roi, lui, excédé, dépêcha son armée pour brûler le temple. Effrayées, les nonnes allèrent prier MiaoShan de les aider, alors celle-ci adressa une prière au Ciel et se piquant le palais avec son épingle à cheveux en bambou, cracha vers le Ciel : des nuages s’amoncelèrent qui bientôt éteignirent l’incendie, sauvant ainsi le temple. le roi, rendu furieux, fit mettre sa fille aux fers et se décida à l’exécuter publiquement. Sa mère, la reine eut toutefois une dernière idée, celle de bâtir une tour sur le chemin du supplice afin d’attirer à elle sa fille en donnant des fêtes et des festins qui la feraient réfléchir sur sa situation, sûre de l’emporter cette fois-ci. Le roi acquiesça car il ne voulait vraiment pas se couvrir de honte à l’idée de verser le sang de sa propre fille, mais non content de refuser l’offre de rejoindre sa mère et la fête, la princesse baissa la tête et les yeux devant ses parents et les ignora totalement. Excédé, le roi fit enfermer sa fille dans ses appartements pour qu’elle ait une dernière fois le choix de renoncer à sa foi, mais devant son inflexibilité, celui-ci lui promit de l’exécuter à l’aube. Une fois de plus, les Esprits vinrent s’en mêler : « TuDi Gong » (土地公), « Dieu du Sol », qui avait tout entendu, vint faire son rapport au Ciel. L’Empereur de jade ordonna alors à celui-ci de veiller sur la dépouille de MiaoShan, afin qu’aucun mal ne lui soit fait. L’exécution commença comme prévu, mais ni le sabre du bourreau qui se brisa en deux, ni les lances ne purent entamer le corps de la princesse. Alors le roi décida de la faire étrangler avec une bande de soie. A peine l’âme de la princesse ayant quitté le corps de la princesse que TuDi Gong, surgissant sous la forme d’un tigre, bondit et s’en empara. Lorsque MiaoShan rouvrit les yeux, elle n’était plus sur terre, mais dans l’autre monde, et  fut accueillie par un émissaire du lieu, venu pour lui faire visiter les « dix-huit Enfers » (十八地獄). Les « Dix Juges » (十殿閻王) eux-mêmes vinrent à sa rencontre et lui demandèrent de prier en ces lieux. La princesse accepta à la condition que les suppliciés des « Dix Palais » (十殿宮) soient délivrés le temps de l’écouter. Il en fut comme elle désirait, mais à peine avait-elle commencé à réciter, qu’il n’y avait plus de supplices et que les damnés furent gagnés par la joie : l’Enfer se fit bientôt Paradis.

Les Dix Juges, effrayés, renvoyèrent l’âme de MiaoShan sur terre afin qu’elle retrouve son corps laissé dans la forêt et préservé de la dégradation par TuDi Gong. La princesse se réveilla à nouveau dans la forêt, et comme l’endroit semblait désert, elle se désespéra de ne pouvoir prier pour personne et se mit à pleurer abondamment. Vint à ce moment-là un inconnu, qui se dit ému par son histoire et lui promit le mariage, ce qui offensa la princesse qui le rejeta violemment. Alors, l’inconnu lui révéla être en fait le « Bouddha RuLai » (如來佛), qui avait testé sa foi et avait décidé de l’emmener dans un lieu où elle aurait tout loisir de prier pour le salut des êtres : la « Pagode du Mont des Parfums » (香山塔), sur « l’île de PuTuo » (普陀島). Il lui remit une pêche d’immortalité et comme l’île se trouvait à plus de trois mille lis, ce fut une fois de plus TuDi Gong changé en tigre, qui fut chargé de la transporter jusque là-bas. Elle passa neuf ans sur place à se perfectionner, et devint ainsi pour tous, la Reine des « trois mille Boddhisattvas » (三千菩薩) et de tous les êtres de chair. « DiZang Wang » (地藏王/ »ksitigarbha »), le Bodhisattva des Enfers, fut si émerveillé par tant de vertu, qu’il décida de l’ériger en Souveraine du Ciel, de la Terre et du Bouddhisme. Une grande cérémonie fut donnée en son nom où furent invités les plus grandes divinités du Ciel, de la Terre et des Enfers, et devant témoins, MiaoShan devint GuanYin et monta sur son trône de lotus. On la pria de trouver un jeune garçon et une jeune fille pour l’assister dans sa tâche, et ce fut à nouveau TuDi Gong qui fut chargé de les lui trouver.

Le premier s’appelait « ShanCai » (善財), ce n’était encore qu’un jeune bonze novice, ce qui ne convaincu pas de suite la Grande Bodhisattva, aussi décida-t-elle de le mettre à l’épreuve : des Immortels déguisés en brigands firent semblant d’attaquer le temple, et feignant l’effroi, GuanYin courut jusqu’au bord de la falaise et se jeta dans le vide. Sans réfléchir, le jeune bonze s’y jeta également afin de la rattraper. Devant tant de piété, GuanYin accepta d’en faire son assistant. La jeune « LongNü » (龍女), qui avait jadis sauvé d’un pêcheur le « troisième Fils du Roi Dragon » (龍王三子) changé en carpe, et qui se vit offrir une perle lumineuse par ce dernier, fut choisie à son tour pour la vertu dont elle avait fait preuve et devint, avec ShanCai, l’autre acolyte de GuanYin.

« LongNü » (龍女) et « ShanCai TonZi » (善財童子).

Dans le roman « Pérégrination vers l’Ouest », GuanYin tient une place très importante, puisque c’est elle qui veille sur le moine « SanZang » (三藏) et ses disciples en les protégeant pendant leur voyage. Elle peut être comparée à « Athéna » qui veilla sur « l’Odyssée d’Ulysse ». C’est elle qui sera choisie par le « Bouddha » pour trouver un moine émérite qui ira chercher les écritures sacrées dans son « Paradis de l’Ouest », la « Terre Pure ». C’est également qui trouvera les disciples du moine et qui les convertira au bouddhisme. Elle intervient souvent dans l’histoire pour sauver les pèlerins des monstres qui les attaquent, mais finit toujours par éviter toute violence en récupérant ces êtres maléfiques et en les accueillant sur la Voie du Salut, leur évitant ainsi une mort sans espoir de se racheter. Elle conserve ainsi son statut de « Grande Compatissante » qui se penche sur le monde pour pleurer sur les êtres et les délivrer de leur existence prisonnière du « Cycle infernal des réincarnations » (संसार/輪迴/ »Samsara »).

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