Akajita 赤舌


« L’Akajita » (赤舌) est un « yôkai » (妖怪) qui apparaît pendant la canicule, lorsque quelqu’un détourne l’eau des rizières voisines pour irriguer celles de son village. Quand il apparaît, la sécheresse devient encore plus sévère, dit-on. Jadis, dans la région de « Tsugaru » (つがる市), la saison du repiquage du riz était arrivée mais la pluie, elle, ne venait pas. Les diverses cérémonies destinées aux « kami » (神), dieux tutélaires des lieux, restaient infructueuses et le ciel n’offrait aucune goutte. Pour alimenter leurs rizières, les paysans de l’aval demandèrent au village de l’amont de partager leur eau et d’ouvrir leur écluse, mais ces derniers refusèrent.

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Alors, un paysan d’en bas essaya d’ouvrir l’écluse. Malheureusement, il fut surpris par des villageois d’en haut qui le rouèrent de coups tant et si bien qu’il en mourut. Depuis ce jour, les paysans d’en haut engagèrent des samouraïs errants, des « rônin » (浪人), pour surveiller leur écluse. Quant aux habitants du village d’en bas, ils étaient accablés et ne pouvaient plus compter que sur des prières et des offrandes pour que la pluie vienne. Or, un beau jour, tous virent l’eau se mettre à couler abondamment dans les rizières du village d’en bas. Qui avait ouvert l’écluse du village d’en haut? Les villageois eurent beau la fermer, ils la trouvaient chaque matin à nouveau ouverte. Le responsable n’était autre « qu’Akajita » (赤舌/litérallement « langue rouge »), incarnation vengeresse du paysan injustement chatié. Proche du « kappa » (河童/yokai des rivières), il s’apparente à un nuage noir menaçant, de par lequel on devine une bête terrifiante au visage rouge et aux griffes acérées. L’illustration ci-dessus est une peinture de « Toriyama Sekien » (鳥山石燕), peintre de yôkai de « l’époque Edo » (江戸時代).

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L’archer HouYi 后羿


« Yi » (羿), « HouYi » (后羿), « YiYi » (夷羿) ou « PingYi » (平羿) est un personnage mythique de l’antiquité chinoise, remarquable archer, considéré comme le mari de « Chang’E » (嫦娥), déesse de la lune. Il est connu par de brefs passages de textes datant des « Royaumes combattants » (戰國) aux « Han » (漢朝), comme le « ShanHaiJing » (山海經), le « HuaiNanZi » (淮南子) et le « MengZi » (孟子). La légende de HouYi (son appellation la plus fréquente en Chine) s’est développée à partir de ces sources, avec de multiples variantes dans les détails au gré de l’imagination ou des intentions du narrateur.

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Selon un passage du ShanHaiJing repris dans le HuaiNanZi, « Yao » (堯/souverain mythique de l’antiquité chinoise) fit appel à lui pour abattre les neuf soleils surnuméraires apparus durant son règne. Le succès de Yi permit à Yao de devenir empereur. Un autre passage du HuaiNanZi lui fait rencontrer « XiWangMu » (西王母/ »Reine-mère d’Occident ») lors d’une expédition de chasse. Elle lui remet des herbes d’immortalité. Sa femme Chang’E les consomme et s’envole vers la lune dont elle devient la déesse. Dans des sources d’esprit plus historique comme le MengZi, il est présenté comme un « DongYi (東夷), terme général désignant les ethnies non-« HuaXia » (華夏/terme désignant la population d’origine « Han » []) de l’Est, archer d’élite. Son clan (ou territoire) est « YouQiong » (有窮). Vassal de « TaiKang » (太康/troisième roi de la « dynastie Xia » [夏朝]), petit-fils indigne de « Yu le Grand » (大禹), il l’exile et le remplace par son frère « ZhongKang » (仲康) tout en assurant la régence. Lui aussi fait des mécontents car il consacre plus de temps à la chasse qu’aux affaires publiques. Il est tué par « Han Zhuo » (寒浞), lors d’une expédition de chasse. Les historiens chinois modernes estiment que Yi est la personnification d’une ethnie connue pour son talent à l’arc.

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Il en existe dans les détails d’innombrables versions, qui en général rassemblent l’anecdote des soleils, l‘obtention des herbes d’immortalité et l’envol de Chang’E vers la lune. Yi se fait une réputation en sauvant la terre de la sécheresse et des incendies en abattant les neuf soleils excédentaires. Ce n’est pas toujours Yao qui l’en charge, mais parfois la population, ou Yi lui-même qui se porte volontaire. Par la suite, marié à Chang’E, il entre en possession d’herbes ou d’un élixir d’immortalité. La rencontre de Yi et de sa femme, qui n’est pas racontée dans les sources les plus anciennes, est entièrement abandonnée à l’imagination du narrateur. C’est le plus souvent, comme dans le HuaiNanZi, la déesse XiWangMu qui remet à Yi les herbes magiques, mais dans les versions de la République populaire de Chine datant d’avant les années 1980, où Yi et Chang’E forment un couple modèle de proto-prolétaires vivant de la chasse et du travail manuel, il s’agit en général d’un ermite herboriste. La consommation imprévue des herbes d’immortalité par Chang’E sépare à la fin les époux, car leur effet la fait s’élever dans les airs jusque sur la lune où elle réside éternellement. Parfois la responsabilité lui en incombe, elle fait preuve d’impatience et d’avidité en absorbant immédiatement la totalité d’un élixir dont une moitié appartient à son mari, qui le garde pour leurs vieux jours. Parfois la responsabilité repose sur Yi. On raconte alors qu’il fut promu empereur après son succès contre les soleils, mais devint tyrannique. C’est lui qui veut absorber les herbes pour accroître son pouvoir et Chang’E les avale pour l’en empêcher. Une tradition folklorique moins fréquente basée sur un passage du MengZi en fait un personnage violent ou démoniaque tué par « PengMeng » (逢蒙), autre archer d’élite parfois présenté comme son disciple. Cette tradition, qui voit en lui un ancien chef des démons remplacé ultérieurement par Zhongkui (鐘馗/Dieu chasseur de démons), est expliquée par certains folkloristes chinois par l’assimilation des pratiques religieuses des minorités non-Han, dont Yi serait un représentant, à de la sorcellerie.

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La ressemblance de l’archer Yi et du héros grec Héraclès a été remarquée depuis longtemps. Ils sont tous les deux des héros solitaires et tueurs de monstres. Comme Héraclès, Yi a exécuté un certain nombre de « travaux ». Comme Yi, Héraclès était un archer. Ne voulant pas descendre sous terre après sa mort, Yi se rendit chez la Reine-Mère d’Occident et obtint d’elle des pilules d’immortalité, mais son épouse Chang’E les lui vola. De même, Héraclès parvint à dérober les pommes d’immortalité, qui étaient la propriété de la déesse Héra, mais il les rendit sur l’injonction d’Athéna. Ces deux héros, qui auraient pu éviter la mort, eurent une fin tragique. D’après certains textes chinois, Yi fut assassiné par son épouse « FuFei », qui serait donc équivalente à Chang’E, et par Han Zhuo (cité ci-dessus), l’amant de celle-ci. De même, Héraclès fut tué par son épouse Déjanire et le Centaure « Nessos », qui avait essayé de la violer. L’immortalité était un concept essentiel de la religion des Grecs et des Tokhariens. Chez Homère, les termes « immortel » et « dieu » sont synonymes. De même, la désignation tokharienne des dieux, « ñäkte », signifiait probablement « immortel ». Il importe aussi de remarquer que les « travaux » de Yi sont apparentés à la lutte de « HuangDi » (皇帝/Empereur fondateur de la dynastie « Qin » [秦朝]) contre « ChiYou » (蚩尤/Dieu mythique de la guerre). Ainsi, Yi a tué le « Grand Serpent avaleur d’astres » (巴蛇), tandis que HuangDi a vaincu ChiYou, qui essayait d’empêcher le soleil de monter au ciel. Il en est ainsi parce que Yi est devenu roi lors d’une expédition dans le bassin du Tarim et que HuangDi était la version divine du roi. Ce même parallélisme existe dans la mythologie grecque: de même que le dieu « Apollon » a tué le serpent Python près d’une source, le « roi Cadmos » a tué un serpent qui gardait une source sur le site de « Thèbes ». Apollon était souvent qualifié de « souverain », ce qui n’était jamais le cas de son père « Zeus ».

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Zhao GongMing 趙公明


Dans le roman « l’Investiture des Dieux »(封神榜), l’histoire fait mention d’une guerre opposant le « roi Zhou » (紂王), le dernier roi de la « dynastie des Shang » (商朝), aussi connu comme « Di Xin » (帝辛) et le « Roi Wu » (周武王), qui plus tard a créé la « Dynastie Zhou » (周朝) dynastie. Le Roi Zhou, secondé par le général « Wen Zhong » (聞 仲), sollicita l’aide de l’ermite taoïste « Zhao GongMing » (趙公明), doté d’une grande puissance magique. Le Roi Wu, eu recours aux services de « Jiang ZiYa » (姜子牙), un penseur politique astucieux et stratège militaire. Malgré le fait que le roi Zhou de la Dynastie des Shang était un despote cruel et corrompu, Zhao GongMing continuait à soutenir fermement la dynastie Shang par fidèlité envers son ami Wen Zhong. Pendant la bataille, nombres d’armes magiques furent utilisées ainsi que l’emploi de pouvoirs surnaturels par le biais de divinités, de fantômes et de démons.

148225278_862507495Jiang ZiYa, réalisant que la puissance magique de Zhao GongMing étaient trop importante pour lui faire face, dû par conséquent l’affronter indirectement. Un Maître taoïste du nom de « Lu Ya » (陸壓道君), lui enseigna alors l’usage de la magie noire pour tuer son ennemi. Il modela donc une une effigie de Zhao GongMing et entrepris un rituel qui eu mortellement raison de ce dernier, à l’issue de quoi la Dynastie Shang pris fin. Plus tard, « YuanShi TianZun (元始天尊) ordonna à Jiang Zi Ya de canoniser Zhao GongMing en divinité par un processus de déification des morts. C’est alors qu’en raison de sa vaillance au combat, Zhao Ming Gong reçu le titre honorifique de « Seigneur du Dragon d’or et de l’accomplissement de désir et l’autel du Dragon-tigre de l’unité orthodoxe » (金龍如意正一龍虎玄壇真君). Il avait quatre assistants dont le « Dieu qui attire la richesse » (招財 使者), « Chen Jiu Gong » (陳九公), le « Dieu de la Collecte aux trésors » (招 寶天尊), « Xiao Sheng » (蕭升), le « Dieu des objets de valeur retrouvés » (納珍天尊), « Cao Bao » (曹寶) et le « Dieu de rentabilité » (利市仙官), Yao Shao Si (姚少司).

Monnaie Porte-Bonheur.

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Zhao GongMing fut alors reconnu comme le Dieu de la richesse par les hommes. Ensemble, ils sont connus sous le nom des « Dieux des cinq routes » (五路財神). Il existe différentes légendes à leur sujet au travers des différents groupes dialectaux de la communautés chinoises. Cependant, la célébration annuelle pour demander prospérité et bonne fortune à Zhao GongMing se fête  le 15 du 3eme mois lunaire, contrairement à ses vasseaux, qui se fête le 5ème du 1er mois lunaire.

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Dieu de la richesse 財神爺


Le terme « CaiShenYe » (財神爺) ou « Dieu de la richesse » désigne un ensemble de dieux chinois auxquels on attribue le pouvoir d’améliorer la situation financière. Le ou les dieux sollicité(s) peuvent varier de fidèle à fidèle; la liste n’est pas fermée, chacun étant libre de choisir la divinité qui lui paraît la plus efficace. Les plus connus d’entre eux sont présentés ci-dessous. On y trouve de riches commerçants dont l’existence historique est attestée, des personnages obscurs de l’antiquité mentionnés dans « L’Investiture des dieux » (封神演義), des divinités taoïstes, et aussi de grands dieux populaires dont ce n’est pas la fonction principale. Les dieux de la richesse tendent à être classés en deux catégories, « civils » et « militaires », à l’imitation de la bureaucratie impériale, ou groupés par cinq (plus rarement 3 ou 8). « MiLe Fo » (彌勒佛), version chinoise de « Maitreya » représenté comme un moine ventru et souriant, signe de prospérité et de bonheur, peut aussi assurer cette fonction.

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Ils apparaissent souvent sous l’aspect de fonctionnaires âgés à la barbe blanche, vêtus d’une robe rouge et portant un chapeau de ministre, avec dans la main un « lingot d’or » (« YuanBao »/元寶), et le sceptre “RuYi” (如意) dont le nom signifie « Bon Augure »; il s’agit d’un gage de chance en vogue à la cour des « Qing » (清朝). Ils peuvent être:

  • « Les Cinq bonheurs« : « Félicité » (福), « Carrière publique » (祿), « Longévité » (壽), « Évènements heureux » (喜), « Richesse » (財).
  • « TianGuan » (天官), une création de « l’école taoïste des Cinq boisseaux de riz » (五斗米道).
  • « BigGan » (比干), personnage de L’Investiture des dieux.
  • « FanLi » (范蠡), riche commerçant de « l’État de Yue » (越國) à la « Période des Printemps et des Automnes » (春秋时期).
  • « WenChang DiJun » (文昌帝君), le dieu des lettrés.

Ils sont représentés en tenue de général avec le visage sombre (rouge dans le cas de « GuanDi » [關帝]), une barbe noire, parfois chevauchant un tigre. Ils tiennent en main un fouet d’argent et un lingot ou d’autres objets précieux. On les identifie souvent à:

  • « Zhao GongMing » (趙公明), autre personnage de L’Investiture des dieux.
  • Deux héros morts au combat à des époques différentes, dont le nom, « WuLu » (五路), évoque les “Dieux de la richesse des cinq routes”.
  • « GuanDi« , héros des « Trois royaumes » (三國).

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Appelés « Dieux des cinq routes » (五路財神), les plus connus sont: Les Cinq bonheurs cités plus haut, quelquefois réduits aux trois premiers; ils sont souvent représentés avec des enfants (descendance), des chauve-souris (bonheur), des pêches (longévité)… Zhao GongMing et ses quatre assistants, chacun associé à un point cardinal; dans ce groupe d’origine taoïste se glisse parfois « Shen WanSan » (沈萬三), riche commerçant de « l’époque Ming » (明時代); le groupe s’élargit parfois à huit membres. Les cinq dieux du bouddhisme tibétain, dont la fonction est de faire en sorte que l’étude du « Dharma » (法/loi Bouddhique) ne soit pas entravée par les difficultés matérielles. Le principal est le Dieu de la richesse jaune. Il existe aussi un Dieu rouge, un Dieu noir associé à « Akshobhya », un Dieu blanc, émanation « d’Avalokiteshvara », et un Dieu à tête d’éléphant, inspiré de « Ganesh ». Il existe des dieux spécialisés pour ceux qui cherchent fortune à l’étranger, appelés « PianCaiShen » (偏財神). Il s’agit en général de prédécesseurs qui ont réussi, divinisés après leur mort, comme « Su FuLu » (蘇福祿) qui fit fortune en Asie du Sud-Est. On peut prier les dieux de la fortune dans leurs temples. Au moment du Nouvel An chinois, l’effigie du ou des dieux choisi(s) est collée dans l’habitation. Les commerces et sociétés choisissent en général d’ouvrir le 5 du premier mois lunaire, date d’anniversaire des dieux groupés par cinq. Le « Régisseur du Ciel » (天官) est fêté le 15 de ce même mois, le jour de la Fête des lanternes.

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Fête des lanternes 元宵節


Cette « fête des lanternes » (元宵節) où la lumière est reine, clôt le cycle des festivités du Nouvel an. Fête nocturne, on la nomme d’ailleurs parfois « petit Nouvel an » (小過年). La population (de nos jours, surtout les enfants accompagnés de leurs parents) sort pour une promenade à la nuit tombée, une lanterne à la main. Bien que les modèles traditionnels (« HuaDeng » [花燈]) en papier illuminés à la bougie gardent leurs adeptes, on en trouve de plus en plus faites en plastique et équipées de piles.

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Les effigies des personnages de dessins animés préférés des jeunes font concurrence aux motifs traditionnels (animaux et plantes, scènes légendaires ou mythologiques). Il est de tradition de manger une soupe de « YuanXiao » (元宵), dessert éponyme de la fête. Ce sont des boulettes de pâte de riz farcies (en majorité sucrées) cuites à l’eau, dont la forme arrondie symbolise la plénitude, la famille réunie et la satisfaction des besoins. Jouer aux devinettes qui sont écrites sur les lanternes est une activité populaire. Si on a trouvé le mot de l’énigme, on peut remporter un cadeau. Cette activité date de la « dynastie des Song » (宋朝/960-1279). Ce jeu intellectuel a les faveurs du peuple chinois de toutes les couches sociales.

Dans la journée, on organise des représentations artistiques: « la danse des lions » (獅舞), « la danse du dragon » (龍舞), « la danse de YangGe » (秧歌), « la danse aux tambourins » (鼓舞) et la marche sur des échasses. Le soir, on admire en plus des lanternes des feux d’artifices magnifiques. Dans plusieurs villes, le gouvernement organise de tels feux. L’origine de cette fête est complexe. Elle continue une très ancienne tradition qui divisait l’année en trois parties (元), la première débutant le 15e jour du premier mois avec une fête en l’honneur de l’anniversaire de « TianGuan DaDi » (天官大帝), divinité régissant le Ciel introduite à « l’époque des Han » (漢朝) par « l’École des cinq boisseaux de riz » (五斗米道). Cette célébration se serait enrichie de traditions issues de la cour impériale (lanternes, boulettes). Les légendes relatant l’origine de la fête font état de la colère d’un dieu menaçant d’incendier la capitale le 15e jour du premier mois lunaire. Une personne astucieuse aurait alors eu l’idée de faire sortir tous les habitants dans la rue ce soir-là avec des lanternes rouges, et d’en accrocher à toutes les portes, afin que le dieu, croyant la ville déjà en proie aux flammes, se retire. Dans la version la plus populaire, la menace divine est un canular monté par un conseiller impérial au grand cœur afin de permettre à une jeune servante du palais de sortir et de revoir sa famille pour un soir.

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Une autre histoire raconte que sous la dynastie des Han (206 av. J.-C.-220), le bouddhisme s’est répandu largement en Chine. Après avoir appris que les moines avaient coutume le 15 du 1er mois lunaire de regarder les reliques du bouddha et d’allumer des lampes pour honorer les dieux, l’empereur a ordonné d’allumer aussi ce jour au soir des lanternes dans le palais impérial et les temples pour les honorer à son tour. Depuis lors, ce rite bouddhique est devenu progressivement une grandiose fête populaire en Chine.

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Fleur de prunier 梅花


En Chine, la fleur de prunier (梅花) est un symbole particulièrement évocateur. La fleur de prunier est la fleur de l’hiver, annonciatrice du printemps. Son motif est souvent associé à la craquelure de la glace. Le prunier est le premier arbre à fleurir dans l’année, avant même que ses feuilles se soient développées et même sous la neige. On dit que sa floraison est d’autant plus belle que la plante a subi les rigueurs de l’hiver. La fleur de prunier est toujours repré­sentée avec cinq pétales et fut choisie en 1911 comme la fleur nationale de la ré­publique de Chine (aujourd’hui Taïwan). Les cinq pétales, exactement comme les cinq couleurs du premier drapeau de la république chinoise, symbolisent les cinq peuples de la Chine: les Chinois Han, les Mongols, les Mandchous, les Mahométans et les Tibétains.

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Les cinq pétales représentent aussi les cinq éléments du Taïjiquan. La fleur de prunier est quelquefois utilisée pour symboliser l’Alchimie taoïste. et elle fait alors référence aux cinq éléments du Taïjiquan. Elle fait aussi référence à la persévérance requise dans la démarche du Taïjiquan et à la fin de « l’hiver » de l’être humain, quand « le printemps » du naturel le touche, l’enveloppe dans ses pétales accueillants. C’est une représentation de notre résilience. Les légendes chinoises disent que les Immortels taoïstes se nourrissent de fleurs de prunier et Lao-Tseu serait né au pied d’un prunier.

La disposition resserrée des cinq pétales de la fleur de prunier symbolisent l’harmonie, l’unité des différentes parties de notre corps, des êtres humains entre eux et de tout ce qui existe. Cette floraison, à la fin de l’hiver, dans le grand froid et la neige abondante, une floraison qui revient chaque année, infailliblement, évoque la force de la vie, l’espoir, la vaillance, la ténacité, la continuité, la santé et la longévité. La fleur de prunier représente aussi la retenue et la simplicité. En effet, elle fleurit et donne à voir sa beauté pendant que les autres fleurs se préparent, puis elle leur laisse la place dès que celles-cio apparaissent. Son travail est alors achevé. Le président Mao a écrit un célèbre poème sur les fleurs de prunier, et plusieurs de femmes chinoises se prénomment aujourd’hui « Fleur de Prunier »… De tout temps, la fleur de prunier a inspiré les musiciens, les peintres et les poètes. Ainsi, l’expression aller  » fouler la neige à la recherche de la fleur de prunier  » signifie être à la recherche d’un sujet d’inspiration. Il y a 1 800 ans, à l’époque Song, Tchong Jen écrivait dans son Traité de la peinture du prunier, qu’il fallait considérer le prunier comme un symbole de l’univers dont il était en quelque sorte le modèle réduit. Pour exprimer un souhait de bonheur ou de plaisir, on mêle les fleurs de prunier aux fleurs de pêcher.

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山園小梅

林逋

眾芳搖落獨暄妍,
佔盡風情向小園。
疏影橫斜水清淺,
暗香浮動月黃昏。

霜禽欲下先偷眼,
粉蝶如知合斷魂。
幸有微吟可相狎,
不須檀板共金樽。

« Le petit prunier du Jardin de Montagne »
de Lin Pu (林逋)

« Toutes les fleurs sont étiolées; lui seul, il resplendit,
Vainqueur de tout le petit monde du jardin.
Son ombre clairsemée zèbre une eau pure et peu profonde,
Son parfum flotte obscurément dans la soirée où se lève la lune.

L’oiseau aux ailes givrées, avant de se poser, le regarde à la dérobée;
Si le papillon poudré le savait, il serait jaloux.
Mais, par de subtiles chansons, l’oiseau sait faire sa coure :
Point n’a besoin de claquettes de santal ni de coupes d’or »

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ChengHuang, Dieu des Murailles et des Douves 城隍爺


« ChengHuang » (城隍) ou « ChengHuangYe » ((城隍爺), dieu de la ville, est dans la religion traditionnelle chinoise une déité qui veille en maire ou préfet au bon ordre terrestre et infernal de sa circonscription, dont l’étendue peut varier d’un quartier à une ville ou un comté. Il existe donc une multitude de ChengHuang. Ces dieux occupent le niveau le plus élevé de l’ensemble des fonctionnaires territoriaux divins, juste au-dessus des « dieux du sol » (土地公). Le ChengHuang exerce également des fonctions judiciaires. La première mention d’un « temple de la ville » (城隍廟/littéralement: « temple de la muraille et des douves ») date des « Trois royaumes » (三國/239 à « WuHu » [蕪湖] dans la « province de l’AnHui » [安徽]). Le culte, ainsi que les représentations personnifiées du dieu, se sont généralisés sous les « Tang » (唐朝). C’est à partir de cette période que les différents ChengHuangYe reçurent des titres de l’administration impériale, comme il est coutume pour les dieux chinois d’une certaine importance. Parfois le titre marque le grade du dieu (ville, district ou comté). À partir des « Ming » (明朝), les temples des villes furent déclarés « temples d’État » (官廟), entérinant le parallèle entre les ChengHuang et les fonctionnaires impériaux responsables des villes et comtés, qui eurent désormais l’obligation d’aller saluer le dieu lors de leur prise de fonctions, ainsi que les 1er et 15 de chaque mois.

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Comme toutes les divinités chinoises, les différents ChengHuang sont censés être d’anciens mortels choisis par un grand dieu (« l’Empereur de jade » [玉皇大帝] selon la vision taoïste) pour leur conduite exemplaire ou leurs talents. Quelquefois ce sont des héros locaux, comme « Ya MuWang » (鴨母王), le « Roi des canes », meneur d’une révolte populaire sous les « Qing » (清朝) à « Taïwan » (臺灣), ou même de dangereux fantômes ayant amendé leur conduite. S’ils effectuent mal leur travail, ils peuvent être démis par le dieu qui les a nommés. L’anniversaire de chaque dieu a lieu à une date différente. Celui du titulaire du plus célèbre temple du genre à Taiwan, le temple « XiaHai » (霞海廟) à « Taipei » (臺北市), est fêté les 11 et 12 du 5e mois lunaire. Tout comme son homologue humain, le ChengHuang est responsable du maintien de la sécurité et de la prospérité sur l’étendue de sa circonscription, avec une forte emphase sur ses pouvoirs judiciaires à l’égard des hommes et des fantômes. Il dispose pour les exercer d’assistants, dont le « juge civil » (文判官) et le « juge militaire » (武判官), placés respectivement à sa gauche et à sa droite, en référence aux deux assistants dits « de gauche » et « de droite » des juges de l’époque impériale. Le premier tient dans la main gauche un document où sont inscrits les faits et gestes des habitants, le second dans sa main droite une masse d’arme pour exécuter les sentences. La disposition intérieure du temple, semblable à celle de la salle principale d’un « YaMen » (衙門/siège de l’administration locale dans la Chine impériale), vise à impressionner, faisant du temple de ChengHuang un lieu où l’on n’entre pas sans une bonne raison. L’autel du dieu est une table de juge entourée des tables des deux assistants, parfois des instruments de supplice sont accrochés au mur. Un miroir symbolise l’intégrité et un boulier rappelle un adage qui dit que « les comptes du Ciel sont plus justes que ceux des hommes » (人算不如天算).

Entrée d'un temple dédié à ChengHuang.

Entrée d’un temple dédié à ChengHuang.

En tant que juge et maire ou préfet, le dieu de la muraille et des douves peut être sollicité pour résoudre toutes sortes de problèmes rencontrés par les habitants. La forme des requêtes imite souvent les démarches administratives. On prie collectivement le dieu en cas d’épidémie ou de calamité. Individuellement, il est possible de demander une aide pour réparer un « mauvais destin » (補運) ou une injustice. Les plaintes sont alors « écrites puis brûlées au temple » (燒王告). Il ne faut pas oublier de venir remercier si l’on a été exaucé. Le dieu peut rectifier la destinée des enfants nés sous des auspices violents ou des personnes sous mauvaise influence astrale. Le ChengHuang dispose du pouvoir de punir les malfaiteurs qui ont échappé à la justice en les rendant malade ou leur envoyant des calamités, appelés « châtiment Yin » (陰罰). Une personne qui s’estime injustement soupçonnée peut faire un serment solennel au temple devant ses accusateurs, rite accompagné autrefois du sacrifice d’un poulet manifestant la volonté de subir le même sort en cas de mensonge.

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Les juges de l’administration impériale soumettaient parfois les accusés à ce rituel. En cas de possession, il est possible de faire un « procès nocturne à l’esprit responsable » (審夜堂). Si le corps d’une personne morte hors de la circonscription doit y être ramené, « un laissez-passer » (發路票) doit être sollicité du dieu. On peut procéder au temple à un virement d’argent infernal en faveur de parents décédés, par incinération de papier-monnaie, ou à un transfert d’héritier, cérémonie par laquelle quelqu’un accepte de rendre un culte aux mânes d’une personne sans descendance. Les morts font parvenir ces requêtes en rêve aux vivants. Bien qu’en principe les fonctions du dieu auprès des défunts se limitent au maintien de l’ordre dans les enfers, il arrive qu’il soit crédité du pouvoir d’accélérer les réincarnations. À l’occasion de son anniversaire, en plus des tournées d’inspection comme en font tous les dieux, le ChengHuang fait aussi des « tournées nocturnes » (暗訪) pour les fantômes. Celle du temple XiaHai à Taipei a lieu le soir du 11 du cinquième mois. Les « généraux » qui traditionnellement ouvrent le cortège tiennent en main des chaînes et des menottes, remplacés par un éventail et un mouchoir lors de la tournée diurne du lendemain, pour montrer que les esprits malfaisants ont été arrêtés et que l’ordre règne.

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