Le Garçon de la Richesse Bienveillante 善財童子


« Sudhanakumara », principalement connu comme « Sudhana » ou « ShanCai » (善財) ou « ShanCai TongZi » (善財童子) en chinois, traduit par « l’enfant de la richesse », est le principal protagoniste dans le chapitre le plus long du « Sutra Avatamsaka » (華嚴經/ »Sutra de l’ornement fleuri »). Avec « LongNü » (龍女), Sudhana apparaît dans les contes populaires bouddhistes et taoïstes comme le serviteur de « GuanYin » (觀音菩薩). Leur représentation a probablement été influencé par celle de la « Dame de Jade » (玉女) et celle de « l’enfant doré » (金僮) qui apparaissent tous deux dans l’iconographie de « l’Empereur de Jade » (玉皇大帝). Un récit sur Sudhana, détaillée dans le roman classique « le voyage vers l’occident » (西遊記), le dépeint comme le principal antagoniste, « l’enfant rouge » (紅孩兒), qui finira par être vaincu par GuanYin elle-même et deviendra par la suite son assistant.

À la demande du « bodhisattva Wenshu » (文殊菩薩), Sudhana fit un pèlerinage et consulta 53 sages afin de parfaire ses pratiques de la voie de l’illumination. « Les 53 stations de Tokaido » (東海道五十三次), série d’estampes japonaises peintes par « Utagawa Hiroshige » (歌川広重), sont une métaphore du voyage de Sudhana. Sa quête atteint son apogée lorsqu’il rencontre le « Bouddha Maitreya » (彌勒菩薩), qui lui ouvre ainsi les portes de sa tour merveilleuse. Dans celle-ci, Sudhana connaît toutes les « Dharmadhatu » (dimensions) dans une succession de visions fantastiques. Le dernier maître qu’il visite est « Samantabhadra » (普賢菩薩), qui lui enseigne que la sagesse existe seulement afin qu’elle soit mise en pratique. Le pèlerinage de Sudhana reflète celui du « Bouddha Gautama » (釋迦牟尼佛) et le « Sutra Gandavyuha » (華嚴經) devient très populaire en Chine pendant la « dynastie des Song » (宋朝) lorsqu’on l’adapte et le diffuse dans de petits livrets illustrés, où chaque page se consacre à l’un des maîtres spirituels de Sudhana.

Le chapitre 18 du « conte complet de GuanYin de la mer du Sud » (南海觀音全撰), est le premier texte qui établi un lien entre ShanCai et GuanYin. Dans le conte, ShanCai est un garçon handicapé très intéressé par l’étude des enseignements du Bouddha. A cette époque, GuanYin atteint l’illumination et prend sa retraite sur le « mont PuTuo » (普陀山). Lorsque ShanCai apprend que le bodhisattva s’y trouve, il se rend rapidement sur place pour lui demander d’etre son élève. Après avoir eu une discussion avec lui, GuanYin décide de tester sa détermination à étudier le « Dharma » (法/ »loi bouddique »). Elle transforme alors les arbres et les plantes en brigands armés, qui courent jusqu’à la colline pour les attaquer. Feignant d’etre effrayée, GuanYin se précipite au bord d’une falaise et saute, suivi de ShanCai, tentant de la sauver malgré le risque. Shancai et Guanyin réussissent finalement à remonter la falaise, et c’est alors que GuanYin demande à l’enfant de regarder en bas. ShanCai voit sa dépouille mortelle au pied de la falaise et GuanYin lui demande alors de marcher. Il découvre ainsi qu’il a retrouvé l’usage de ses jambes. En se regardant dans un bassin d’eau, il découvre également qu’il a désormais un beau visage. Depuis ce jour, Guanyin enseigne à  ShanCai l’ensemble du Dharma bouddhique. Plus tard, ils rencontrent LongNü, qui devient alors la deuxième servante de la divinité.

GuanYin accompagnée de ses deux acolytes, LongNü et ShanCai.

Le « parchemin précieux de ShanCai et LongNü » (善財龍女寶撰), un rouleau du 18 ou 19ème siècle, comprenant 29 folios, fournit une autre version des circonstances de la rencontre de Shancai et Longnü et des raisons qui les amenèrent à devenir les acolytes de GuanYin. Ce récit semble avoir une origine taoïste. L’histoire se déroule à l’époque du règne de l’empereur « XiZong » (唐僖宗) de la « dynastie des Tang » (唐朝). Un ministre vertueux, et son épouse n’ont toujours pas d’enfant malgré leur age avancé. Lorsque l’homme rejette la recommandation de sa femme de prendre une concubine, elle suggère alors qu’ils prient le bodhisattva GuanYin afin qu’il leur vienne en aide. GuanYin voit que la destinée du couple est de ne pas avoir de descendance, aussi elle ordonne donc à ShanCai de s’incarner dans le fils que Dame Han mettra au monde et qui portera le nom de « Chen Lian » (?). En tant qu’enfant, ce dernier ne s’intéresse pas aux activités civiles ou militaires mais révèle cependant un grand intérêt pour l’illumination religieuse, au grand désarroi de son père. À l’âge de sept ans, celui-ci finit par céder et lui permet d’étudier sous la tutelle de « l’immortel du dragon jaune » (黃龍仙人). Bien qu’ayant été un apprenti consciencieux, il ignora cependant toutes les demandes de son père pour lui rendre visite pendant son apprentissage. Alors que le 60e anniversaire de son père approchait, ShanCai fut, une fois de plus, prié de rentrer à la maison pour le visiter. Comme son maître était absent, Shancai décida donc de retourner à la maison pour cette occasion spéciale. Sur son chemin, en montagne, il entendit une voix qui appelait à l’aide. Il constata qu’un serpent, piégé dans une bouteille depuis les 18 dernières années,  implorait qu’on le libère. Shancai, par bonté d’âme, décida de faire cesser le supplice de l’animal en le libérant, et sitôt l’eut il fait, que le reptile révéla sa véritable forme: un serpent géant désireux de faire de l’enfant son repas. ShanCai protesta vivement contre le comportement ingrat du démon, en soutenant qu’un acte de bonté ne devait pas être remercié par une querelle ou des représailles, aussi, le serpent décida de porter l’affaire devant trois juges.

LongNü et ShanCai TongZi.

Le premier juge était le « Etoile du buffle des eaux dorées » (金水牛星) sous sa forme humaine. Il convenu avec le serpent que, compte tenu de ses expériences passées avec les humains, son envie de dévorer l’enfant était donc justifiée. Le buffle raconta de quelle façon il fut chassé du ciel par le « Bodhisattva DiZang » (地藏) vers le monde des hommes et puni en apportant son aide en labourant les champs, en gage de pénitence. Ksitigarbha promis que si les humains ne montraient pas de reconnaissance et de bonté envers le buffle pour ses bons et loyaux services, ses yeux tomberaient. En chutant des cieux, le buffle atterri face la première sur le sol et perdu toutes ses dents de devant. bien des années plus tard, après avoir beaucoup souffert du labeur pour son maître humain, il fut finalement égorgé puis mangé. Pour cette raison, les yeux de Ksitigarbha tombèrent et se manifestèrent sur Terre sous la forme d’escargots. Le deuxième juge était le maître taoïste « ZhuangZi » (莊子), qui donna également raison au serpent en parlant d’un incident s’étant produit suite à la résurrection d’un mort, qui le remercia de sa gentillesse en le calomniant devant la cour en l’accusant d’avoir volé son argent.

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Le troisième juge, qui était en fait GuanYin déguisée en jeune fille, dit également au serpent qu’il  pouvait manger l’enfant à condition qu’il puisse montrer à chacun la façon dont il avait pu entrer dans la bouteille et s’en extraire. C’est alors que ce dernier s’empressa de se faufiler à l’intérieur et fut à immédiatement piégé. Quand le serpent demanda grâce, Guanyin lui dit que s’il voulait être sauvé, il devait s’adonner à des pratiques religieuses au « Temple FaYu » (法雨禪寺) sur le Mont PuTuo pour une durée de sept ans. Trois ans plus tard, quand GuanYin retourn audit Mont, elle apparu à ShanCai au milieu de l’océan, qui la rejoignit en marchant sur l’eau et devint alors son disciple.

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